Le 30 juin, c'est la fin des tarifs réglementés du gaz, dont dépendent encore la moitié des ménages français abonnés au gaz.
Pas de panique, rien ne presse et attention au démarchage agressif, insiste la Commission de régulation de l'énergie.

Le tarif réglementé du gaz a commencé à disparaître en 2019 en application de la réglementation européenne sur la concurrence, mais il reste encore en France, sur 11 millions d'abonnés, 2,55 millions de clients résidentiels titulaires de ce type de contrat, dont 2,3 millions à Engie. Trois millions sont aussi en offre indexée, c'est-à-dire similaire au tarif réglementé.

Un peu moins de la moitié des abonnés dépendant du tarif réglementé n'ont jamais quitté le fournisseur historique GDF, devenu GDF-Suez puis Engie. Beaucoup sont âgés, et les associations de consommateurs redoutent que la période ne soit propice à des abus de la part de fournisseurs alternatifs. "Les consommateurs ont le choix, ils ont le temps, ils n'ont pas le couteau sous la gorge. S'ils ne font rien, ils basculent automatiquement sur une offre qui continuera à les protéger", assure Emmanuelle Wargon, la présidente de la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

"Un risque de recrudescence de démarchage agressif"

Pour ses clients, Engie a dévoilé une offre "Passerelle" qui prendra la suite du tarif réglementé. Le prix de cette offre, résiliable à tout moment sans frais, sera indexé sur un indicateur de référence calculé par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) et ne devrait pas s'accompagner de fortes hausses mais seulement marginales, selon Engie. "Le consommateur conserve une liberté absolue", a souligné Florence Fouquet, directrice des marchés particuliers, lors d'un point presse. S'il bascule vers "Passerelle" au 1er juillet, il peut toujours changer d'avis après pour une offre de marché", chez Engie ou un autre fournisseur, a-t-elle précisé.

On ne sait pas encore le tarif exact, qui dépendra des prix du marché, mais si la bascule avait eu lieu en avril, la hausse aurait été de 3%. La période comporte quand même "un risque de recrudescence de démarchage agressif" par des fournisseurs, redoute le Médiateur national de l'énergie. 

Deux conseils alors : "prendre le temps et ne pas signer une proposition immédiatement au moment du démarchage" et "ne jamais se fier à des propositions commerciales formulées sur un montant des mensualités, qui peuvent évoluer". "Si vous n'êtes pas à l'aise avec cette nouvelle offre, il faudrait attendre le prix définitif du kWh le 1er juillet et ensuite de comparer grâce au comparateur en ligne", conseille Lucile Buisson, chargée de mission énergie, environnement et transports à UFC-Que-Choisir dans le sujet en tête de cet article. 

L'ancienne ministre du Logement d'Emmanuel Macron Emmanuelle Wargon invite à ne pas écouter les fournisseurs tentés de faire croire à "l'apocalypse à partir du 1er juillet". Car non, le gaz ne sera pas coupé. Non, il ne sera pas obligatoire de souscrire immédiatement un nouveau contrat et oui, le bouclier tarifaire continuera de s'appliquer jusqu'à la fin de l'année. À quel niveau ? "Je n'en sais rien, ce sont des choix très politiques du gouvernement, le signal prix a déjà assez largement eu lieu", dit-elle.


La rédaction de TF1info | Reportage : Ludovic Romanens et Gilles Parrot

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