Si les éclipses ont de tout temps attiré l'attention des hommes, les animaux n'y sont pas non plus insensibles.
Des perturbations du comportement ont été, par le passé, observées chez de nombreuses espèces.
Il s'agit de phénomènes difficiles à étudier, en raison du caractère très éphémère des éclipses.
Le 8 avril, en Amérique du Nord, la Lune sera parfaitement alignée entre la Terre et le soleil.

Une rare éclipse solaire totale sera observable le 8 avril en Amérique du Nord. Un événement rare, auquel il sera par exemple possible d'assister depuis les chutes du Niagara. Là-bas, les autorités mettent en garde contre l'afflux massif de curieux et s'y sont préparées en déclarant l'état d'urgence.

Ce phénomène astronomique, qui intrigue et fascine depuis la nuit des temps, intéresse la communauté scientifique : les spécialistes des animaux notamment, qui rapportent des comportements inhabituels directement liés aux éclipses.

Des perturbations notables enregistrées chez plusieurs espèces

Lors des précédentes éclipses, de nombreux témoignages à travers le monde ont rapporté que des oiseaux, insectes et autres animaux interrompaient leurs activités normales. USA Today rapporte ainsi plusieurs exemples, mis en avant par des chercheurs à travers leurs observations. Au sein de parcs zoologiques, "des flamants roses se rassemblaient en cercle autour de leurs bébés pour les protéger". Les girafes, quant à elles, "ont commencé à galoper autour de leur enclos", tandis que "des nuées d’oiseaux suffisamment grandes pour apparaître sur les radars ont soudainement quitté le ciel et se sont perchées dans les arbres".

Ce n'est pas tout, puisque "les gorilles se dirigeaient vers leurs abris, attendant leur dernier repas de la journée". Peut-être un tel phénomène agit-il aussi sur les instincts reproducteurs puisque des "tortues des Galapagos ont commencé à s'accoupler". Un professeur d'anatomie comparée de l'Université de Caroline du Nord, sceptique, a été forcé de constater un impact des éclipses : "Je pensais que c'était absurde, que les animaux seraient affectés", a-t-il confié, avant de reconnaître qu'il s'était fourvoyé.

L'agence canadienne Science Presse souligne que l'influence des éclipses solaires sur la faune est documentée de longue date.  "La plus ancienne étude connue est attribuée à la Société d’histoire naturelle de Boston qui, en 1932, avait réuni des volontaires pour observer les comportements 'de la vie animale' pendant l’événement", apprend-on. 

Une certaine prudence vis-à-vis de ces études est de mise. Ces dernières, en effet, comportent une série de limites. Tout d'abord, glisse l'agence Science Presse, "il s’agit essentiellement d’études de courte durée", le Soleil n’étant complètement dissimulé que pendant deux minutes. Par ailleurs, "elles sont intermittentes — puisqu’une éclipse totale est rare et ne revient pas à intervalles réguliers". Enfin, les travaux "se limitent généralement à l’observation d’un seul groupe au cours d'une seule journée", un facteur limitant étant donné qu'une "étude solide sur le comportement animal devrait comparer plusieurs espèces dans plusieurs endroits et durant plusieurs éclipses".

L'éclipse attendu le 8 avril devrait permettre de poursuivre les recherches sur les comportements des animaux observés lors de ces événements. Comme l'explique le scientifique en chef du Québec, certaines énigmes perdurent. Biologistes et médecins interrogent ainsi "les rôles respectifs de la lumière et de l’horloge biologique dans un changement de comportement". Si l’horloge biologique était la variable dominante, "l’animal serait perturbé par une baisse de la luminosité survenant en plein après-midi : la lumière lui indiquerait qu’il fait nuit, mais son corps lui dicterait qu’on est encore en plein jour". Et revanche, si "la lumière était la variable dominante, il adopterait automatiquement un comportement « nocturne » pendant l’éclipse".


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