Directs

JO Paris 2024 : des associations dénoncent un "nettoyage social" en cours

Publié le 30 octobre 2023 à 12h49

Source : JT 20h Semaine

Un collectif de militants a projeté un message sur le bâtiment du comité d'organisation des Jeux olympiques.
Un moyen de dénoncer le "nettoyage social" en cours selon eux en Ile-de-France, en amont des prochains JO.
Les associations craignent que les conditions de vie des populations les plus précaires se dégradent encore.

Des affiches et un message lumineux pour en pas oublier les personnes les plus précaires. Dans la nuit de dimanche à lundi, un collectif de militants ont projeté "le revers de la médaille" sur le bâtiment du comité d'organisation des Jeux olympiques, à Saint-Denis. Un moyen de dénoncer le "nettoyage social" en cours selon eux en Ile-de-France, en amont des JO 2024.

Des affiches ont également été placardées dans le quartier du comité d'organisation. "PLUS VITE pour vider l'Ile-de-France des populations précarisées", "PLUS HAUT vers l'exploitation des travailleurs sans-papiers", "PLUS FORT dans la réponse sécuritaire contre les personnes à la rue", peut-on lire sur certaines d'entre elles.

L'"impact très négatif" des Jeux olympiques

Dans une lettre ouverte, plus de 70 organisations, dont Médecins du monde, Emmaüs France ou des associations qui s'occupent de l'accueil de personnes exilées, ont également rapporté une dégradation des conditions d'accueil des populations précarisées. "En France, et en région parisienne en particulier, de très nombreuses personnes sont en situation d’exclusion : bénéficiaires de l’aide alimentaire, personnes sans-abri ou bénéficiant d’hébergements d’urgence… Les Jeux vont occasionner un bouleversement profond de la ville, avec un impact très négatif sur la vie de ces personnes", craignent les associations.

Elles s'inquiètent notamment des démantèlements de campements informels en région parisienne, du déplacement "forcé" de sans-abri, des évacuations de foyers de travailleurs immigrés ou encore d'interdictions de distributions alimentaires. Face à cette situation, les différentes organisations demandent qu'"une continuité de la prise en charge des personnes en situation de précarité et d’exclusion" soit garantie. Elles souhaitent par ailleurs intégrer les comités de pilotage des JO afin d'apporter leur compétence sur le terrain.

Pour les seuls squats et foyers de travailleurs migrants, le collectif Schaeffer, signataire de la lettre ouverte, estime à 4100 le nombre de ressortissants de pays africains qui ont été déplacés de la Seine-Saint-Denis après le démantèlement de leur lieu de vie. Pour l'essentiel, ils vivent désormais sur les berges du Canal Saint-Denis, selon les organisations qui leur viennent en aide.

À ceux-là s'ajoutent les plus de 1600 personnes qui ont été transférées depuis six mois dans des "sas" d'hébergement en régions. Ouverts en avril par le gouvernement, ils sont censés accueillir les personnes migrantes à la rue en Ile-de-France, où les situations de campements sont récurrentes et l'hébergement d'urgence saturé. Les autorités ont également tenté d'interdire début octobre les distributions alimentaires dans un quartier populaire du nord de Paris, une décision finalement retoquée en justice.


Aurélie LOEK

Tout
TF1 Info