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VIDÉO - Immigration : Pierre Moscovici "assume totalement" le report du rapport choc de la Cour des comptes

par T.A.
Publié le 5 janvier 2024 à 21h55, mis à jour le 7 janvier 2024 à 13h16

Source : TF1 Info

Le Premier président de la Cour des Comptes, Pierre Moscovici, était l'invité de Darius Rochebin vendredi soir sur LCI.
L'institution vient de rendre public un rapport choc sur la politique de lutte contre l'immigration irrégulière en France.
Un document dont la publication a été reportée de quelques semaines pour ne pas "interférer" avec les débats alors en cours à l'Assemblée nationale, reconnaît l'ancien ministre socialiste.

Les failles de l'État dans la gestion des questions migratoires pointées par la Cour des comptes. Au lendemain de la publication d'un rapport qui détaille "la politique de lutte contre l'immigration irrégulière" de la France, le Premier président de l'institution, Pierre Moscovici, était l'invité de Darius Rochebin vendredi soir sur LCI. Un entretien au cours duquel l'ancien ministre socialiste a admis avoir repoussé de quelques semaines la parution du document, prévue à l'origine deux jours après le vote de la motion de rejet de la loi immigration portée par Gérald Darmanin à l'Assemblée nationale. 

"C'est une initiative que j'ai prise personnellement et que j'assume totalement", souligne l'ex-député du Doubs. "Comme nous étions dans une crise politique, dans un moment où les arguments rationnels se faisaient peu entendre, je n'ai pas voulu que ce rapport soit déformé, utilisé, ni interférer avec un vote sous pression du Parlement", poursuit-il, se disant "persuadé d'avoir eu raison" malgré les critiques sur cette décision.   

Des "difficultés solubles"

Parmi les conclusions des "Sages" de la rue Cambon ? Le chiffre choc de 10% des OQFT (Obligation de quitter le territoire français) seulement appliquées dans les faits. Selon Pierre Moscovici, un moyen d'avancer sur le sujet serait d'abord de mieux organiser les services de l'État pour s'occuper de la situation des clandestins. 

"Il faut que les préfectures puissent traiter les dossiers", expose-t-il. "Elles sont aujourd'hui assez largement sous-équipées. La Cour des Comptes est plutôt réputée pour être économe sur les deniers publics, et elle l'est. Mais voilà un secteur sur lequel nous recommandons qu'il y ait davantage d'emplois."

Selon l'ancien ministre de l'Économie de François Hollande, l'objectif de faire appliquer davantage d'OQTF est possible. "Il n'est pas raisonnable de penser qu'on pourrait reconduire à la frontière 100% des OQTF", admet Pierre Moscovici dans la vidéo en tête de cet article. "Mais augmenter ce nombre actuel, 12%, jusqu'à une certaine cible... Il existe des difficultés qui sont solubles. Si l'on appliquait nos recommandations, on pourrait progresser fortement." Parmi ses recommandations ? Cibler en priorité les personnes devant être expulsées "qui représentent un trouble pour l'ordre public".

Au-delà des administrations "engorgées" à désencombrer, Pierre Moscovici rappelle aussi que "des difficultés de coordination et de gestion" doivent être traitées par les pouvoirs publics pour améliorer l'efficacité de la politique migratoire. Dans son rapport, la Cour des comptes enjoignait à développer certains autres pans de la lutte contre l'immigration irrégulière. Un exemple ? "Faire croître" le recours aux procédures de retours aidés par l'État, "peu coûteuses" selon elle, mais aujourd'hui largement sous-exploitées par rapport aux éloignements forcés.


T.A.

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