Les Français dépensent en moyenne trois euros pour une bouteille de vin dans les grandes surfaces.
Mais que peut-on espérer pour un vin à ce prix-là ? Éléments de réponse.

Du vin oui, mais à bon prix ! Pays viticole s'il en est, la France ne produit pas seulement des grands crus, loin de là. Ainsi, la bouteille la plus vendue n'est pas forcément celle que l'on croit. Dans l'Hexagone, le prix moyen d'une bouteille de vin achetée en grande surface s'établit aux alentours de trois euros. Des bouteilles qui, étant celles qui se vendent le mieux, sont d'ailleurs exposées à hauteur d'yeux...

Alors cela peut paraître peu, mais c'est un tiers de plus que ce que dépensaient les Français pour une bouteille, il y a encore une dizaine d'années. Surtout, prix bas rime-t-il forcément avec qualité médiocre ?  Pas si sûr, à en croire la directrice des Vins chez Carrefour, Audrey Sonnendrecker. "À moins de 4 euros, nous avons vraiment une super bouteille à mettre sur la table. Il n'y a pas de honte à avoir en la faisant partager aux différents convives", affirme-t-elle à TF1. 

Machines et cuves en béton

Pour savoir ce que valent ces bouteilles à petit prix, nous avons fait goûter du vin acheté en grande surface à Olivier Poels, dégustateur à La Revue du Vin. "Il y a un côté très fruité, primaire qui arrive, mais le vin ne s'étire pas, il n'y a pas de longueur", note-il. Selon lui, "on peut trouver des vins intéressants, sympathiques, des vins de soif à 3-4 euros la bouteille. Mais on ne trouve pas de grands vins à ce prix-là. Aujourd'hui, le prix du foncier dans les grands vins est tel que si vous ne mettez pas au minimum 7, 8, 10 euros la bouteille, vous ne pourrez pas accéder à un grand terroir".

Pour rappel, même si dans l’idéal, 4 acheteurs de vin sur 10 aimeraient passer par la vente directe auprès d’un domaine, le supermarché reste le canal d’achat principal pour 61% d'entre eux.

Main d'œuvre et vinification

Dans les faits, lorsqu'un vin est vendu 3 euros la bouteille, le producteur doit en produire beaucoup pour que cela soit rentable. Dans une exploitation viticole du Languedoc où s'est rendu TF1, les vignes s'étalent sur 1600 hectares. Le climat est propice à la culture du raisin et "le terroir est extrêmement généreux", souligne Laurent Bonfils, PDG des Vignobles Bonfils. Et dans ce terroir, les cépages les plus généreux sont justement réservés aux vins vendus entre trois et quatre euros.

Les récoltes y sont abondantes et vendangées avec l'aide d'une machine. Sans cette machine, il faudrait entre quarante et soixante personnes pour effectuer le travail. "Au-delà de remplacer les gens, cela vous donne une capacité à vendanger très rapidement et sur énormément de surfaces", explique Laurent Bonfils. Et pour réduire encore plus les coûts, la vinification s'effectue dans des cuves en béton, là où dans d'autres domaines, elle le serait dans des barriques à 600 euros. 

La seule différence provient du fait que les vins abordables ne passent pas dans des barriques et sur des élevages longs

Quelle différence avec un vin un peu plus cher ? "L'ensemble des vins sont vinifiés au même endroit et bénéficient de la même application. La seule différence provient du fait que les vins abordables ne passent pas dans des barriques et sur des élevages longs", relève l'exploitant. Les économies sont donc réalisées lors des vendanges et au moment de la vinification. En travaillant de cette manière, le viticulteur peut ainsi vendre des bouteilles autour de 4 euros, là où d'autres coûteraient le double. 

Et à l'heure de la consommation responsable, une question : que gagne le viticulteur avec une bouteille vendue moins de 4 euros ? À ce prix-là, 50% du prix correspond à la production du vin, 25% à son emballage. Le quart restant, moins d'un euro donc, lui revient pour payer les salaires, les taxes, le transport et se dégager une marge commerciale. 


La rédaction de TF1info

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