Impact positif

Empreinte carbone : "C'est contre-intuitif mais un produit venant de loin ne génère pas forcément plus de CO2"

Laurence VALDÉS
Publié le 29 juin 2020 à 8h15, mis à jour le 29 juin 2020 à 12h23
Des pieds de tomates / Photo d'illustration

Des pieds de tomates / Photo d'illustration

Source : iStock

L'essentiel

IDÉE REÇUE- Une tomate française hors-saison génère indirectement 7 fois plus de CO2 qu'une tomate importée d'Espagne. Dès l'instant où la première a eu besoin d'une serre chauffée contrairement à la seconde. L'empreinte carbone liée à la production peut alors largement dépasser celle du transport. On se remet les idées en place avec l'aide du patron d'une boutique en ligne affichant déjà un score carbone sur ses aliments.

En attendant qu'un CO2-score voie éventuellement le jour sur tous les produits (c'est en tout cas l'une des propositions de la Convention citoyenne pour le climat), certains évitent déjà d'acheter ceux dont l'empreinte carbone est la plus élevée. Mais il arrive de se faire de fausses idées conduisant à effectuer des choix pas aussi pertinents que voulu. "C'est contre-intuitif mais un produit ne génère pas forcément plus de carbone quand il vient de loin", assure à LCI Lucas Lefebvre, co-fondateur de La Fourche, une boutique bio en ligne qui attribue déjà un score carbone à ses produits alimentaires.

"Produire des tomates hors-saison sous serre chauffée en Bretagne est une aberration écologique. Cela génère 7,3 fois plus de CO2 qu'une tomate importée d'Andalousie n'ayant pas poussé sous serre chauffée", explique-t-il. Le calcul effectué en collaboration avec l'application Etiquettable à partir de données publiques, prend la production (qui pèse alors terriblement lourd lorsque l'on chauffe les lieux), en plus du transport, du packaging et du stockage.  Qui est sensible à cette question, se limitera alors aux fruits et légumes locaux poussant tout seuls (ou presque) en pleine saison. 

L'Andalousie : l'usine à légumes de l'EuropeSource : JT 20h WE
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De même, faire venir une belle entrecôte d'Argentine plutôt que du Limousin ne change pas vraiment la donne sur le plan des émissions de gaz à effet de serre. Car "pour la viande rouge, l’impact de la production est tellement énorme qu’une viande de bœuf venant d’Amérique du Sud aura un impact carbone seulement 2% supérieur à un boeuf français", explique La Fourche dans sa fiche méthodologique sur l'empreinte carbone. 

Il n'empêche qu'il n'est sans doute plus un secret pour personne que la viande rouge pèse bien plus lourd en termes d'empreinte carbone que les légumes. Selon notre consultation des données publiques de l'Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), produire 1 kilo de bœuf génère 12,8 kilos d'équivalent CO2 dans l'atmosphère, alors que le même poids de carottes n'en génère que 65 grammes. "Ces ordres de grandeur sont phénoménaux : manger 1 kilo de bœuf génère à peu près la même empreinte carbone que manger 100 kilos de légumes".

Finalement, grâce aux lettres, on peut rapidement comparer par exemple une sauce bolognaise qui contient un peu de viande avec une sauce végétale : "On se rend alors compte que le facteur est au moins de 1 à 3", indique encore Lucas Lefebvre.


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