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Réseaux sociaux : des compétences déclarées sur son profil LinkedIn peuvent se retourner contre vous

G.L. avec AFP
Publié le 5 décembre 2022 à 9h15
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Le profil public créé par un entrepreneur sur le réseau social LinkedIn peut bouleverser ses affaires personnelles.

La loi ne plaisante pas avec la liberté d'expression, liberté publique fondamentale. Mais attention aux messages que vous posteriez sur un profil public accessible à tous. La Cour de cassation a déjà estimé que si un salarié tient des propos injurieux envers son entreprise sur son compte ouvert à tous ou à un nombre important de personnes, il en fait alors un espace public et l’employeur reste libre de le sanctionner. Dans un autre registre, la plus haute juridiction française garantit que quelqu’un qui se dit compétent sur son profil LinkedIn ne peut plus prétendre le contraire dans la vie active.

L’affaire concerne un ancien cadre commercial d'une grosse entreprise de distribution qui crée son commerce de restauration. Il se porte caution du crédit consenti par la banque à la nouvelle entreprise. Cette entreprise périclite et la banque lui réclame le paiement de la dette qu'il avait garantie.

Le gérant refuse de rembourser en soutenant que ce cautionnement est nul. "La banque aurait dû le mettre en garde contre cet engagement inadapté à ses capacités financières personnelles comme aux capacités de son entreprise, engagement qui lui faisait courir dès l'origine un risque d'endettement démesuré", se défend-il.

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Avertissements inutiles

Les juges ne suivent pas le raisonnement du dirigeant. "La mise en garde contre ce risque démesuré n'est due par la banque aux clients qui se portent caution que s'ils sont considérés comme profanes et non comme avertis." Or, une personne qui se présente publiquement comme très compétente en "management, business développement, business analysis, gestion d'équipes et négociations" sur LinkedIn, réseau social professionnel, mettant en valeur ses diplômes de gestion et son expérience commerciale, ne peut pas se dire incapable d'évaluer les documents prévisionnels et les risques de son projet face à son banquier. "Ce client n'a pas droit aux avertissements que le banquier est tenu de donner aux profanes, au risque de ne pas pouvoir recouvrer sa créance le jour venu", concluent les juges.


G.L. avec AFP

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