Au moment de découvrir les modalités d’une succession, des tensions peuvent survenir entre héritiers.
Elles peuvent être liées à la part versée à chacun, mais aussi aux choix qui ont été faits pour la gestion des biens.
Pour éviter des problèmes de famille, il est important d’envisager de son vivant les différentes possibilités.

Le décès d’un parent est à l’évidence un moment douloureux. Pourtant, il faudra rapidement commencer à s’occuper de la succession. Dans un premier temps, cela signifie gérer les questions administratives liées au décès (suspension des comptes bancaires, des abonnements, perception d’une rente, funérailles…). Viendra ensuite la question de la répartition des biens et actifs entre les héritiers. Une opération qui peut parfois générer des conflits familiaux. Quelques bonnes pratiques permettent de limiter ce risque. 

Parler de sa succession de son vivant

La mort est un sujet délicat. Pourtant, il est important de l’évoquer avec ses enfants. Une discussion ouverte et apaisée permet de choisir de concert les meilleures solutions ou d’expliquer ses choix. En effet, si un héritier découvre qu’il touchera moins qu’un autre à la lecture du testament, cela peut créer des tensions. De même, laisser des instructions claires de son vivant permet de désamorcer les conflits avant qu’ils ne surviennent. Évoquer ce sujet permet aussi de discuter, voire de chiffrer au besoin, le montant d’une succession. 

Étudier les règles de succession

En France, des lois et règlements régissent le principe des successions et les héritages. Il est par exemple en principe impossible de totalement déshériter un ou plusieurs de ses enfants. Il existe cependant des options pour en avantager un ou plusieurs. Les règles varient également selon le type de famille (avec ou sans enfant, monoparentale, recomposée…). Le régime matrimonial peut, par ailleurs, jouer. Enfin, la succession ne se résume pas à l’héritage. Il faut aussi tenir compte des transmissions de patrimoine effectuées de son vivant. Les conditions dans lesquelles elles sont effectuées définissent notamment le montant des frais de succession. Faire appel à un professionnel permet d’éviter les mauvaises surprises. 

Anticiper les aléas de la vie

Outre le sujet de sa propre disparition, il peut être délicat de parler de ce que feront les survivants après. Cette question est importante, car le conjoint survivant peut, selon les cas, obtenir un quart de la succession ou l’usufruit de tous les biens. Dans le cadre d’une communauté universelle de bien avec clause d’attribution intégrale au dernier vivant, il récupère tout le patrimoine et la succession ne s’ouvre même pas. Ainsi, si le conjoint décide de se remarier, d’avoir d’autres enfants, cela aura de grandes conséquences. La question du régime matrimonial de vos enfants déjà mariés peut même se poser si vous souhaitez que certains biens restent dans votre famille en cas de divorce

Ne pas abuser des moyens de défiscalisation

Souvent, l’organisation de sa succession a pour but de limiter la part prélevée par l’État. Pour cela, il n’est pas rare de miser sur les abattements proposés par la donation aux enfants ou petits-enfants. La donation de la nue-propriété des biens immobiliers est fréquemment utilisée. Mais il faut bien tenir compte des conséquences que cela aura, par exemple pour l’occupation et l’entretien du bien. Autre exemple : l’assurance-vie n’entre pas dans le calcul de l’actif successoral. Si elle peut être fiscalement intéressante, elle peut aussi créer un déséquilibre entre les héritiers.


Victor LEFEBVRE pour TF1 INFO

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