Les demandes d'acomptes sur salaire sont en hausse depuis trois mois.
Huit Français sur dix préfèrent ce système au découvert ou au crédit à la consommation.
L'acompte sur salaire
Ce versement - à ne pas confondre avec l'avance sur salaire - ne peut pas être refusée par les entreprises.

Cette mère célibataire rencontrée sur le parking d'un supermarché aurait régulièrement besoin d'une partie de son salaire avant la fin du mois. Mais, explique-t-elle dans le reportage en tête d'article, demander un acompte à son employeur reste tabou. Pour faire face aux imprévus et aux coups durs, cette autre cliente a quant à elle déjà fait la demande à son patron il y a quelques années. "Il fallait le demander avant le 10 du mois, et je l'avais le 15. En général je demandais entre 100 et 200 euros par mois".

Dans cette entreprise qui gère des chantiers de rénovation d'immeubles, les salariés peuvent demander depuis peu un ou plusieurs acomptes pour les jours de travail déjà effectués. Nouveauté, ils peuvent le faire directement sur leur smartphone. Pas de montant minimum, le virement est instantané. Résultat : ils sont de plus en plus nombreux à le faire. "Le mois dernier, j'ai dû débloquer 900 ou 1000 euros, qui correspondent à peu près à la moitié du salaire. Aujourd'hui, je pense que la vie est chère un peu pour tout le monde. Ça m'aide beaucoup", détaille une salariée.

Dans certains cas, attention au risque d'endettement

Les entreprises ne peuvent pas refuser une demande d'acompte. Mais ici, avant ce nouveau système, sur les 1200 salariés, seule une vingtaine venaient frapper à la porte du service de paie. Désormais, dix fois plus utilisent le service, et tout le monde y trouve son compte. La responsable paie et personnel d'une entreprise, constate que cet acompte favorise la concentration des employés sur leur travail en leur épargnant les tracas des fins de mois compliqués, en plus de fidéliser les collaborateurs.

Le risque d'endettement n'est cependant pas à négliger : "Quand quelqu'un demande ce genre de chose de façon systématique, ça veut dire qu'il a un problème de trésorerie. Il faut faire attention à ce qu'il ne se retrouve pas dans une situation où au bout d'un moment il sera surendetté", prévient Benoît Serre, vice-président de l'Association nationale des DRH (ANDRH).

À la différence d'un acompte, une avance sur salaire peut quant à elle être refusée par l'employeur car elle concerne la paie du mois suivant pour un travail pas encore réalisé.


La rédaction de TF1 | Reportage : Pierre Gallaccio, Cléa Jouanneau, Guillaume Bertrand

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