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Achat immobilier : pourquoi beaucoup de prêts ne passent plus

V. Fauroux | Reportage vidéo Thomas Jarrion, Guillaume Grubert, Vincent Dietsch
Publié le 23 juin 2022 à 11h29
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Obtenir un crédit immobilier devient de plus en plus difficile : les taux remontent et de nouveaux critères sont pris en compte.
Résultat, une personne sur cinq désirant emprunter voit son prêt refuser.
TF1 vous explique, témoignages à l'appui.

Cela fait trois semaines que le dossier qu'il a constitué avec sa compagne est bloqué. Pourtant, il avait trouvé la maison de ses rêves. "Tout était rénové à l'intérieur, il y a trois chambres et on peut en faire une quatrième", explique cet habitant de Reims (Marne), dans la vidéo du 20H de TF1 ci-dessus.

Plusieurs banques sont d'accord pour prêter à ce couple les 180.000 euros nécessaires à l'achat. Mais le taux qu'on leur propose, assurance comprise, est de 3,27 %. C'est trop aux yeux de la loi. "Aujourd'hui, on est bloqué par un taux maximum qui est défini par la Banque de France", explique Bryan Wilhelm, courtier, conseiller CAFPI. Cela s'appelle le taux d'usure. Il est à 2,40 % actuellement. 

Tout le monde est concerné

Pour comprendre ce qui se passe, jetons un œil sur le graphique ci-dessous : on peut voir que le taux d'usure, en jaune, diminue légèrement, passant de 2,48% à 2,40%. Tandis que les taux d'intérêts, en bleu, remontent, passant de 1,20% à 1,55%. Si on ajoute les taux assurances et les frais, les courbes se croisent et les prêts ne passent plus. 

TF1

Aujourd'hui, un prêt sur cinq est refusé à cause de cette règle. Et tout le monde est concerné, même les plus aisés. C'est le cas notamment de Michelle Saint, habitante de Rouen (Seine-Maritime) et cadre à la retraite. Elle touche 3.800 euros par mois et veut emprunter 210.000 euros, mais son dossier est bloqué parce que ses échéances de remboursement sont juste au-dessus du plafond. Une situation qu'elle ne comprend pas. "Je la trouve grotesque et un peu ridicule. Je me dis, pour une différence de 18 euros par mois de plus à régler, je me trouve coincée", regrette-t-elle. 

Ce taux d'usure, pensé au départ pour empêcher les banques de pratiquer des taux abusifs, se retrouve aujourd'hui en décalage avec la réalité. La faute à son mode de calcul, trop complexe, pas assez actualisé. "On a de plus en plus d'emprunteurs qui ne peuvent plus emprunter, qui sont bloqués par ce taux d'usure alors qu'il y a six mois ils auraient été tout à fait finançables", souligne Sandrine Allonier, directrice de la communication du réseau Vousfinancer. 

En juillet, ce taux d'usure doit être revu, car les professionnels aimeraient changer son mode de calcul. Bercy se dit ouvert à la discussion.


V. Fauroux | Reportage vidéo Thomas Jarrion, Guillaume Grubert, Vincent Dietsch

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