Inflation : les prix s'envolent

VIDÉO - Prix des péages : ce qui attend les automobilistes en 2023

M.G | Reportage TF1 Ludovic Romanens, Thierry Coiffier, Fabrice Maillard
Publié le 23 septembre 2022 à 13h05, mis à jour le 23 septembre 2022 à 18h11
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

En raison de la forte inflation de ces derniers mois, le tarif des péages sur les autoroutes devrait (encore) augmenter en 2023.
Si aucun accord n'a encore été trouvé sur l'ampleur exacte de cette hausse, les automobilistes s'attendent d'ores et déjà à souffrir.

Une énième mauvaise nouvelle pour le portefeuille des Français. Tous les secteurs de l'économie sont touchés par l'inflation et les automobilistes n'échappent pas à cette flambée. Cette fois, c'est l'augmentation annoncée des tarifs sur l'autoroute qui devrait grever leur budget. Si rien n'est encore défini, une hausse de 5 à 8% serait dans les tuyaux pour 2023. Pour un trajet Paris-Nantes de 385 kilomètres par exemple, le prix du péage augmenterait ainsi de deux ou trois euros.

Le ras-le-bol des automobilistes

Une perspective qui a le don d'agacer les conducteurs. "On en a marre des augmentations tout le temps. Tout le temps. À un moment donné, il faut peut-être que ça s'arrête", fustige l'un d'entre eux au micro de TF1. "Encore ? Ça fait un peu beaucoup quand même. À la longue, ça commence à bien faire", abonde un autre, acide. Même son de cloche de côté d'une autre femme : "On est taxés, taxés, tout le temps. Toujours plus"

Pour les professionnels, l'équation est simple : cette probable hausse des prix sera répercutée sur la facture des clients. "Je ne marge plus. Je ne fais plus du "tout compris". Maintenant, vous prenez le ticket d'autoroute et le client me le rembourse directement", affirme un livreur. 

Le problème se situe surtout dans le fait que cette énième augmentation va s'ajouter à toutes les autres qui ont déjà eu lieu. L'autoroute Paris-Nantes l'illustre parfaitement. En 2017, les péages coûtaient 36,60 euros. Aujourd'hui, ce montant s'élève à 39,20 euros, soit 2,60 euros de plus.

Un long bras de fer à venir

Contactés par TF1, les représentants des sociétés d'autoroute n'ont pas souhaité s'exprimer. Néanmoins, il est de notoriété publique que leurs contrats peuvent augmenter en fonction de l'inflation. Une majoration dont APRR, Vinci et compagnie comptent bien profiter un maximum. D'autant plus qu'ils doivent aussi prendre en compte les futurs investissements et travaux, tout en sachant que le prix des matières premières s'est envolé. 

Le bras de fer avec le gouvernement est engagé, reste à connaître l'ampleur de la hausse. Pour l'heure, l'exécutif se veut rassurant. "Si on appliquait les choses de manière automatique, on serait potentiellement sur des hausses très élevées, de l'ordre de 7% ou 8%", a reconnu Clément Beaune, ce vendredi au micro de FranceInfo. "Il y a des négociations qui sont en cours, mais ce ne sera pas 7% ou 8%. C'est insoutenable", a-t-il toutefois affirmé. "On ne peut pas tout neutraliser" mais "je veux qu'il y ait une augmentation raisonnable", ajoute le ministre des Transports. 

Le gouvernement perçoit énormément d'argent dans le cadre de ces contrats

Rémy Josseaume

Si les tractations venaient à s'éterniser, Bercy pourrait envisager d'activer d'autres leviers pour soulager les ménages français. "Le gouvernement perçoit énormément d'argent dans le cadre de ces contrats" autoroutiers, rappelle au Figaro Rémy Josseaume, avocat spécialisé en droit routier. Sur dix euros de frais de péages payés par l'usager, "environ 50 % reviennent à l'État", précise-t-il. "Le gouvernement met la pression aux sociétés d'autoroute, mais il doit aussi intervenir en réduisant le volume de sa taxation", glisse-t-il. 

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Pour rappel, les tarifs autoroutiers sont revus tous les ans, en février, via un calcul basé sur le taux d'inflation. Pour les instaurer, des négociations débutent plusieurs mois en amont. En 2022, ils avaient connu une hausse de 2 %. 

À noter que, depuis que l'État a délégué la gestion des autoroutes en 2006, la hausse des prix des péages a été inférieure à l'inflation. 


M.G | Reportage TF1 Ludovic Romanens, Thierry Coiffier, Fabrice Maillard

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