Pour célébrer la journée mondiale des abeilles, ce lundi, la FNSEA a appelé les supermarchés à retirer les miels asiatiques.
Ces miels vendus à très bas coût "font subir une distorsion de concurrence inacceptable aux apiculteurs français", alerte le premier syndicat agricole français.
Certains de ces miels sont mélangés avec des sirops.

Elle dénonce "l’importation massive de miels frauduleux en provenance de l’autre bout du monde". La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) a appelé les supermarchés à retirer les miels asiatiques de leurs rayons, ce lundi 20 mai, pour la journée mondiale des abeilles. Ceux-ci sont souvent frelatés.

Les "importations massives de miel chinois vendu à très bas coût, quatre fois moins cher, en moyenne, que les miels européens, déstabilisent le marché dans son ensemble, font subir une distorsion de concurrence inacceptable aux apiculteurs français et trompent les consommateurs", a estimé le premier syndicat agricole français dans un communiqué diffusé vendredi. L'organisation, mobilisée "depuis des mois pour signaler en magasin et dénoncer auprès des consommateurs les produits à l’étiquetage trompeur", réclame "des engagements clairs de la part des différentes directions des enseignes de la grande distribution et de leurs acheteurs".

Près de la moitié des miels importés frauduleux

Les inquiétudes ne sont pas nouvelles, mais elles sont toujours aussi fortes. Les apiculteurs alertent depuis plusieurs mois sur les grandes difficultés qu'ils traversent en partie à cause de la concurrence des miels importés de l'étranger, notamment d'Ukraine ou de Chine, à des prix souvent inférieurs à 2 euros le kilogramme. Selon une enquête de la Commission européenne publiée en mars 2023 portant sur 320 échantillons de miels importés dans l'UE, environ 46% étaient fortement suspectés de déroger aux règles de l'UE, notamment à travers l'ajout de sirops de sucre destinés à faire chuter le coût de production. Quelque 74% des miels originaires de Chine étaient jugés suspects. Or ce pays fournit 37% des importations de l'Union européenne. 

Interrogé par franceinfo, Didier Lesage, apiculteur et gérant du site miel in France, raconte que "des miels analysés dans des laboratoires ont été mélangés avec des sirops". "Donc effectivement, on a le goût, en revanche on ne retrouve pas du tout les bienfaits du miel qu'on pourrait trouver dans le miel naturel." Comme le rappelle franceinfo, la plupart des miels en vente dans les grandes surfaces sont des mélanges. On trouve parfois plusieurs continents dans le même pot. Ukraine, Chili, Vietnam en font souvent partie, sans précision sur le pourcentage de chacun. 

Pour remédier aux fraudes, les députés européens ont entériné en avril dernier un texte rendant obligatoire sur les étiquettes des pots de miel le détail des pays où il a été récolté. Les Vingt-Sept devront donner un ultime feu vert pour qu'il entre en vigueur.

"Notre prix du miel s'est effondré"

Les apiculteurs, en difficulté économique, sont contraints de vendre à perte. "C'est des miels qu'on vendait entre 6,50€ et 7,50€, et là on a quelques propositions à 4€... Notre prix du miel, il s'est effondré, et nos charges ont flambé. Notre rentabilité, en l'espace de trois ans, elle a baissé d'au moins 50%", expliquait en mars dernier à TF1 Florent Maugeais, apiculteur depuis 20 ans. 

Le gouvernement français a débloqué en février dernier, en pleine crise agricole, une enveloppe de 5 millions d'euros pour les aider à soutenir leur trésorerie sous formes "d'avances (...), d'aides conjoncturelles et de prise en charge de cotisations" sociales.


JC avec AFP

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