Alcool maison : puis-je fabriquer mon propre alambic ?

par Victor LEFEBVRE pour TF1 INFO
Publié le 14 juillet 2023 à 8h00

Source : JT 13h Semaine

L’alcool n’échappe pas à la mode du fait-maison.
Dans certains cas, cette pratique est parfaitement légale.
La distillation à l’alambic est cependant bien plus réglementée.

Les confinements ont réconcilié beaucoup de Français avec leurs établis et leurs fourneaux. Le fait maison a donc le vent en poupe et de plus en plus de particuliers cherchent à réaliser leurs propres produits de consommation courante, des cosmétiques aux condiments. L’alcool n’échappe pas à la règle. On ne compte plus les kits censés permettre de réaliser sa propre bière, ou de créer des alcools arrangés personnalisés. La production artisanale de certains alcools est donc parfaitement tolérée, mais dans des conditions bien précises.

On ne peut en effet comparer la fermentation, procédé assez simple qui permet d’obtenir des boissons modérément alcoolisées, et la distillation, beaucoup plus complexe, qui sera réalisée traditionnellement avec un alambic. La fameuse machine à serpentins immortalisée par Zola dans "L’Assommoir" n’est cependant pas en vente libre. "L’achat d’un alambic est soumis à une autorisation de la direction générale des douanes et droits indirects", précise le portail des douanes. Et ce droit est réservé aux personnes "qui justifient d’un besoin professionnel".

Fabriquer son alambic : à la fois dangereux et illégal

On trouvera en quelques clics des tutos expliquant comment en fabriquer soi-même. Les suivre est une mauvaise idée. Tout d’abord, la distillation n’est pas une opération anodine. Chauffer de l’alcool présente un risque, a fortiori avec du matériel maison. De plus, vous vous mettrez hors la loi. En effet, le Code général des impôts prévoit que "nul ne peut importer, acquérir à titre gratuit ou onéreux, louer ou faire réparer ou transformer un appareil ou des portions d’appareils propres à la distillation, à la fabrication ou au repassage d’eaux-de-vie ou d’esprits sans y avoir été préalablement et expressément autorisé par l’administration". Et cette autorisation sera systématiquement refusée aux personnes autres que les distillateurs de profession. La seule exception concerne la distillation n’ayant pas pour objet la fabrication d’alcool, comme la parfumerie.

Comment distiller son propre alcool

Si vous souhaitez absolument faire votre propre alcool, il vous faudra d’abord avoir vos propres fruits. En effet, si vous êtes propriétaire d’arbres fruitiers, vous pouvez en faire distiller la production par un professionnel. Ce sera l’occasion de faire perdurer la tradition des derniers bouilleurs de cru. Vous obtiendrez ainsi votre alcool. À noter que cela ne vous donne en aucun cas le droit de le vendre, pas plus qu’une simple bière maison ou un rhum arrangé. Une autre solution pour s’essayer à la distillation est de participer à des ateliers découvertes qui fleurissent un peu partout, et permettent de réaliser en une journée une bouteille de son propre cru.


Victor LEFEBVRE pour TF1 INFO

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