Motobécane : la face cachée de la Mobylette

par Marie BOUISSEREN | Reportage Automoto : Bader BENLEKEHAL
Publié le 17 février 2024 à 12h00, mis à jour le 19 février 2024 à 8h33

Source : Automoto

La Mobylette de Motobécane s’est vendue à plus de 14 millions d’exemplaires en 53 ans.
Le constructeur a sorti son premier modèle après la Seconde Guerre mondiale.
Les dernières années de Motobécane voient la marque cartonner seulement en compétition.

La France a compté plusieurs dizaines de constructeurs de deux roues motorisées, mais seul l’un d’entre eux a marqué l’histoire de façon unique : Motobécane. Créé en 1923, le constructeur français vient de passer le siècle d’existence. Pourtant, rares sont ceux qui connaissent sa véritable histoire. La seule chose que le monde a retenue, c’est sa Mobylette. Elle s’est vendue à plus de 14 millions d’unités en 53 ans, ce qui représente plus de 280 000 unités produites tous les ans. Ce qui fait donc de Motobécane le premier constructeur de cyclomoteur au monde.

Inspirés des moteurs auxiliaires pour vélo

Dans les années 1920, deux jeunes ingénieurs qui travaillent à la Sicam, Charles Benoît et Abel Bardin, sont inspirés par la tendance des moteurs auxiliaires pour vélo. Jules Bénézegh, un confrère, s’associe aux deux protagonistes pour créer Motobécane, le 11 décembre 1923, à Pantin. Leur mission : créer des deux-roues motorisés abordables et performants. Le tout premier véhicule est une moto de 175 cm³, la Motobécane MB1. Le succès est immédiat et motive les trois hommes à aller plus loin. 

Après la Seconde Guerre mondiale, l’idée de la marque était de trouver un petit engin facile et pas cher à fabriquer pour l’usine et qui allait utiliser des pièces déjà disponibles avant la guerre. En bref, un engin léger et accessible financièrement pour remettre le pays en selle.

La Mobylette, un modèle emblématique du constructeur français

Mais alors, si les motos étaient déjà bien présentes chez le constructeur dès sa création, pourquoi parle-t-on toujours seulement de la Mobylette ? "Tout est une question de volume : 14 millions de productions pour la Mobylette et 2,5 millions sur les motos", répond Emmanuel Delville, cofondateur du musée Motobécane, à notre journaliste Bader Benlekehal. Dernière Mobylette en date : la Motobécane 881M, produite en 2002. Un monocylindre 2 temps de 49,9 cm³, qui détient 2,8 chevaux, pèse 60 kg avec une consommation annoncée de 3 L/100 km. Elle était vendue pour 2 000 euros seulement. Fort heureusement, parmi tous ses modèles de Mobylettes à succès, Motobécane détient tout de même quelques motos emblématiques. 

Par exemple, la D45 : une moto d’après-guerre avec une commande de vitesse un peu spéciale intitulée "commande suicide". Elle doit son nom au fait de devoir lâcher le guidon pendant la conduite pour passer les trois rapports de vitesses. La toute dernière construction de moto chez Motobécane, la 350 2 temps, a été, elle, très peu produite. Sortie en 1973, elle n’a "malheureusement pour elle, pas connu de grand succès commercial". "Les journalistes de l’époque l’avaient comparé à d’autres modèles qui n’étaient pourtant pas comparables", déplore notre expert. 

Une moto en avance sur son temps ?

Néanmoins, c’était une moto qui avait dix à quinze ans d’avance sur son temps avec un allumage électronique que personne ne savait réparer. Sur les 755 unités produites, seule une centaine est encore en état de rouler aujourd’hui. Étonnement, les dernières années de Motobécane voient la marque cartonner en compétition et devenir champion de France du grand prix à cinq reprises. Mais les résultats ne sont pas suffisants pour vendre. 

Son histoire en tant que constructeur s’arrête en 1984. L’usine emblématique de Saint-Quentin a été rachetée par Yamaha, devenue par la suite MBK Industrie puis Yamaha Moto Factory.


Marie BOUISSEREN | Reportage Automoto : Bader BENLEKEHAL

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