Renault Scenic, voiture de l'année : 625 km, plus fort que Tesla ?

par Marie BOUISSEREN | Reportage Automoto : Jean-Pierre GAGICK et Jérôme CHONT
Publié le 15 mars 2024 à 12h00

Source : Automoto

28 ans après la toute première génération, Renault lance son nouveau Scenic.
Ce nouveau véhicule troque son côté monospace pour un modèle plus SUV.
Le modèle haut de gamme et ses 625 km d’autonomie est proposé au prix de 48 500 euros, toutes options et bonus déduit.

Il y a 28 ans, Renault lançait son emblématique Scenic, considérée comme une voiture révolutionnaire pour l’époque. Et pour cause : elle a rendu accessible la vie en monospace. En effet, le Renault Scenic était bien moins cher que l’Espace ou qu’une berline familiale. De fait, grâce au Scenic, le constructeur français a réussi à faire en sorte que tous les passagers à bord de son monospace soient choyés. Même ceux à l’arrière, souvent oubliés, qui pouvaient enfin bénéficier de trois places indépendantes avec des sièges coulissants, de tablettes et d’une hauteur de vitres assez impressionnantes offrant une vue dégagée pour tous. 

Malgré tout, les générations suivantes ont fait peu à peu disparaître le concept de monospace pour laisser place aux SUV : grosses roues, vitres de plus en plus étroites… Mais c’était sans compter sur le tout dernier modèle de Scenic qui, pour le coup, est un entre-deux. Initialement, le terme monospace désigne un design "monovolume", comme une sorte d’œuf, sans capot à l’avant ni coffre à l’arrière. Le dernier Scenic s’apparente donc, esthétiquement, à un SUV. Seulement, en regardant la hauteur du véhicule, elle est 10 cm plus bas qu’un SUV classique. Mais quelque part, ce n’est pas plus mal, car ce qui se vend le plus aujourd’hui, ce ne sont pas les monospaces.

Une vie à bord impeccable ?

Ce nouveau Scenic soigne sa mise en scène à l’extérieur dès son ouverture et à l’intérieur avec une musique signée Jean-Michel Jarre. À l’avant, "il y a de la visibilité, de la clarté… On est bien installé", affirme Jean-Pierre Gagick, notre journaliste. À l’arrière, en revanche, il y a du bon et du moins bon. Selon Jérôme Chont, l’espace pour les jambes est plus que convenable et le sol est entièrement plat. Malheureusement, les trois sièges indépendants ont disparu pour laisser place à une simple banquette arrière non modulable, et sur laquelle on ne peut pas installer trois sièges bébé, mais seulement deux.

En termes de confort de suspension sur une route classique, quelques trépidations se font ressentir, mais le confort est mieux que la Renault Megane qui était "trop raide". Sur les pavés, le confort à l’avant est "mieux que la Tesla" d’après nos journalistes, même si cela reste trop ferme pour une voiture familiale. Un point sur lequel Jérôme Chont et Jean-Pierre Gagick sont formels : les grandes jantes, c’est joli, mais cela n’aide en rien à améliorer le confort d’un véhicule.

Un accoudoir arrière avec 4 litres de rangement

Pour la vie à bord, Renault arrive à tirer son épingle du jeu : sièges électriques et chauffants, tableau de bord et écran multimédia digitaux et faciles d’utilisation… "Finalement, c’est ce qui se fait de mieux avec Tesla". Tout comme son concurrent américain, le Scenic est composé d’un toit entièrement vitré… mais dirigé par une commande vocale, qui peut rendre la vitre soit opaque, soit transparente ! 

À l’arrière, entre les deux sièges bien distincts, Renault remet son accoudoir légendaire, mais en version améliorée. Le constructeur français a pensé aux utilisateurs de smartphones et tablettes qui peuvent placer leur appareil de sorte à regarder des vidéos ou des films, avec 4 litres de rangements et des prises USB ! 

Une autonomie supérieure à la Tesla Model Y

Si le Scenic se démarque des Renault Megane, elle ne semble pas meilleure qu’une Model Y de Tesla… Excepté pour son autonomie ! Le Model Y du constructeur américain annonce déjà un record de 455 km d’autonomie, quand le Scenic, lui, annonce pas moins de 625 km ! En France, de tous les véhicules qui profitent du bonus écologique, le nouveau Renault Scenic est celui qui offre la plus grande autonomie. C’est même 60 km de plus que la Tesla Model Y Grande autonomie. Pour autant, Renault pêche avec son temps de recharge. Les Tesla ont entre 170 et 250 kW de recharge, leur permettant d’avoir leur batterie à bloc en peu de temps, quand le Scenic n’en a que… 150. 

Mais pour ce temps de recharge un peu plus long, Renault a pensé à tout : une fonction relax pour le conducteur, qui lui permet d’abaisser son siège, fait de tissus recyclés, en position presque allongée. À noter que d’ici à 2025, Renault s’engage à ne plus équiper ses véhicules de sièges en cuir, et table sur les matériaux recyclés : planche de bord en matériel de récupération, tapis de sol en bouteilles en plastiques recyclées, volant en PVC et en un mélange d’huile de ricin et de coton… Autre qualité du nouveau Renault Scenic : son poids de 1 850 kg, inférieur à celui du Model Y jusqu’à 130 kg, qui lui permet d’être plus dynamique à la conduite. Côté prix, deux tarifs sont proposés pour les deux modèles en vente. Le premier Scenic, avec une batterie électrique allant jusqu’à 170 chevaux pour 430 km d’autonomie, est proposé au prix de 36 000 euros, bonus écologique déduit. Le modèle haut de gamme toutes options, d’une puissance de 220 chevaux et son autonomie de 625 km, est vendu pour 48 500 euros, bonus déduit.

Un SUV électrique moins cher qu’une Tesla ?

In fine, nos journalistes experts décident de donner une note finale à ce nouveau Renault Scenic élu "voiture de l’année" en prenant en compte quatre critères : le prix, la vie à bord, la conduite et les équipements. Au niveau du tarif, le plus gros modèle de ce nouveau Scenic est vendu tout de même 1 500 euros de moins que la plus grosse Model Y de Tesla, mais est également moins gros et moins bien équipé. Pour la vie à bord, le système de commande vocale fait grimper la note, mais "dommage que la banquette arrière soit si fine". 

Du côté du critère de la conduite, la tenue de route reste "remarquable", donnant même du plaisir à conduire le véhicule. Petit point négatif relevé : le confort assez peu favorable à cause des trépidations sur route classique et du train arrière qui tape lorsque l’on prend des dos d’ânes. Niveau équipements, Jérôme Chont et Jean-Pierre Gagick ne semblent pas pleinement satisfaits, et notent surtout trois équipements essentiels manquants : les feux Matrix, l’affichage tête haute et une suspension active comme le fait Volkswagen. Note finale : 17/20.


Marie BOUISSEREN | Reportage Automoto : Jean-Pierre GAGICK et Jérôme CHONT

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