Le 14 juillet 2005, la France entière découvrait Jacques Chirac à bord d’une Citroën C6, avant même sa commercialisation.
Malgré des innovations technologiques remarquables, la carrière de la C6 n’a jamais décollé.
Vendue 56 000 euros à l’époque, la C6 est aujourd’hui cotée entre 6 500 et 12 000 euros.

La Citroën C6 est la grande héritière des Citroën DS, SM et CX et a notamment transporté de nombreux présidents de la République. Son design avant-gardiste l’a propulsée au rang des collectors du XXIᵉ siècle dès sa sortie en 2006. À l’époque, Jacques Chirac avait même dit : "Avec ma C6, j’ai retrouvé tout le confort de ma CX." La marque avait même fait un merveilleux coup médiatique le 14 juillet 2005 en transportant le président dans une Citroën C6, avant même qu’elle ne soit officiellement commercialisée.

Un véhicule inspiré de ses ancêtres

Dans ces années-là, les constructeurs français avaient compris qu’ils ne pourraient pas rivaliser avec les constructeurs allemands, particulièrement sur le plan des motorisations. Ils ont alors tout misé sur le style. Et Citroën a visé juste. Pendant que Renault se cherchait avec sa Vel Satis, le constructeur a changé sa grande berline en profondeur. "Le prototype C6 lignage a été présenté en mars 1999, retrace François-Xavier Basse, rédacteur en chef de Youngtimers magazine, mais rien ne s’est produit durant six ans." L’explication est la suivante : le PDG de l’époque chez Citroën, Claude Satinet, voulait dans un premier temps renouveler l’ensemble de la gamme courante, "avant de sortir la locomotive, la C6"

Pour frapper un grand coup, Citroën est allé piocher dans son histoire, en empruntant les éléments de style qui avaient déjà fait mouche sur ses modèles iconiques. Par exemple, les vitres de la C6 sans encadrement rappellent celles de la DS et la lunette arrière concave évoque la CX. Un dessin inspiré par ses ancêtres, mais aussi des innovations technologiques qui ont marqué l’industrie automobile, à l’instar de l’éclairage directionnel de la DS.

Une essence et trois diesels

La Citroën C6 embarque la plus perfectionnée des suspensions oléopneumatiques, appelées Hydractive 3, avec des amortissements pilotés. Elle reste fidèle aux sphères hydropneumatiques, en y ajoutant beaucoup de technologies, pour en arriver à cet effet "tapis volant" à la conduite, agréable aussi bien pour le conducteur que pour les passagers. Côté motorisation, la Citroën C6 héberge une version essence et trois diesels, dont le plus répandu, le 2.2 HDi, et le moteur V6 HDi de 3 L, le plus puissant. Encore trop peu pour rivaliser avec l’Audi A6 ou la BMW Série 5. Malgré tout, à l’intérieur de la C6, on retrouve un côté sportif en mettant les suspensions en mode sport. Et petit détail qui fait la différence : à partir de 65 km/h, vous avez, pour la première fois, un petit aileron arrière qui se déclenche et qui le fera une seconde fois dès les 125 km/h. 

Une carrière qui n’a jamais réellement décollé

Autres équipements innovants : l’affichage tête haute, qui était une grande première sur une voiture française, l’alerte de franchissement de ligne ou le capot actif, permettant en cas d’accident d’améliorer la sécurité d’un piéton. De quoi rassurer sa clientèle privilégiée de l’époque et attirer aujourd’hui une nouvelle génération de collectionneurs. 

Malgré toutes ces innovations, la C6 était mal aimée à sa sortie, tout comme la Vel Satis de Renault et la 607 de chez Peugeot. En clair, toutes les voitures haut de gamme françaises de l’époque. En sept ans de service, seulement 25 000 Citroën C6 seront produites, vendues à partir de 56 000 euros. Mais la tendance s’est inversée, ce modèle étant devenu attractif désormais. Aujourd’hui, la C6 est cotée entre 6 500 et 12 000 euros, selon les motorisations.


Marie BOUISSEREN | Reportage Automoto : Nicolas SCHUMACHER

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