Sherco, Supermotard à la française !

par Marie BOUISSEREN | Reportage Automoto : Bader BENLEKEHAL
Publié le 13 avril 2024 à 12h00

Source : Automoto

Les motos de compétition Sherco ont pu atteindre la sixième place d’un Paris-Dakar.
La marque est née à Nîmes, il y a 25 ans, en 1999, grâce à Marc Teissier, un ancien pilote mordu de motos.
La 500 SM Factory est la seule moto de grosse cylindrée française, entièrement conçue pour le fun.

Sherco est le plus gros constructeur français de moto, avec comme spécialité les machines de tout terrain, de la 50 à la 500 cm³. Après avoir débuté par la construction de moto de trial, l’entreprise nîmoise a développé une gamme complète de machines à l'efficacité redoutable. Jusqu’à même gagner des étapes du Paris-Dakar ! Voici la saga de Sherco, seul contre tous depuis 1999. 

Une usine de construction et d’assemblage nîmoise

C’est à Nîmes que le constructeur produit presque toutes ses pièces. En tout, 15 000 motos sortent des chaînes d’assemblage chaque année. Tout commence par des tubes d’aluminium et d’acier bruts découpés pour être ensuite usinés en engrenages et en boîtes de vitesse. Au fond du laboratoire, des tests de statistiques sont constamment réalisés pour s’assurer de la qualité des pièces ; de l’autre côté, des carters moteur en aluminium fabriqués par une autre usine française sont usinés et terminés à Nîmes, avant leur assemblage. Une fois les moteurs construits, c’est le passage au banc pour contrôler les performances et pré-roder l’ensemble. Et en reine de ventes, on retrouve une petite moto de 50 cm³ que les jeunes de 14 ans s’arrachent. Sherco est le premier constructeur sur le marché de la 50 cm³ à boîte.  

Une bataille depuis 25 ans contre les géants comme KTM ou Honda

Dans un autre bâtiment, on assemble des machines un peu plus extrêmes au service courses. À noter que les motos de compétition ont pu atteindre la sixième place d’un Paris-Dakar. Une énorme victoire pour ce petit constructeur français qui se bat sans cesse contre les géants KTM et Honda. Mais cette aventure sportive, on la doit surtout à Marc Teissier, fondateur de Sherco et surtout ancien pilote. Durant sa carrière, ce dernier a pu analyser les différentes technologies, géométries et solutions techniques pour s’en inspirer par la suite, et créer ses propres modèles.

"Au départ, nous avons fait le tour de certains constructeurs pour essayer d’acheter des moteurs. Le premier que nous avons dessiné et mis sur le marché faisait 7 kg de moins que l’original, et 7 cm de large en moins. C’est arrivé sur le marché du trial comme un missile", témoigne le fondateur. Aujourd’hui, le constructeur français souhaite aller plus loin pour se diriger vers du marché en grand volume. "On s’y prépare déjà. D’ici cinq à six ans, on pourra déjà montrer certaines choses", poursuit Marc Teissier.

La 500 SM Factory : l’inconfort, le minimalisme, mais surtout le fun

En attendant que le seul constructeur français de grandes séries arrive avec de gros moteurs sur les routes, revenons au présent pour parler de la 500 SM Factory, la seule moto de grosse cylindrée française. "500" pour son cylindre, et "SM" pour "supermotard", une catégorie de moto pensée uniquement pour le fun. Initialement, c’est une moto de tout terrain, sur laquelle ont été installés de plus gros freins, des roues et des pneus de route pour mieux coller à l’asphalte et être plus rapide en virage. La 500 SM Factory est un monocylindre ultra-compact de 48 chevaux et un poids plume de seulement 126 kg. 

Néanmoins, oubliez vite les longs trajets, les voyages et les road trip avec ce bolide, il n’est pas du tout fait pour ça : une selle fine et dure, un petit réservoir d’à peine 10 L, une autonomie de 170 km uniquement, des vibrations plein les mains… L’inconfort absolu, le minimalisme le plus total, mais surtout le fun à outrance à partir de 13 000 euros. 


Marie BOUISSEREN | Reportage Automoto : Bader BENLEKEHAL

Tout
TF1 Info