Les Français face à la pénurie de carburants

Carburants : une station sur cinq en difficulté à cause d'un "emballement" avant la baisse des ristournes

M.L (avec AFP)
Publié le 14 novembre 2022 à 14h45
JT Perso

Source : JT 20h WE

Les stations-service en rupture de carburant sont plus nombreuses ce lundi qu'à la fin du mois d'octobre, après des grèves qui avaient paralysé des livraisons.
Près de 21% d'entre elles sont à sec pour au moins un type de carburant.
Les automobilistes se sont empressés de faire le plein ce week-end avant la baisse des remises à la pompe lundi.

Après un mois d'octobre marqué par des pénuries de carburants dans de nombreuses stations, la situation s'était progressivement stabilisée. Mais l'embellie s'est atténuée ces derniers jours : les stations-service en rupture de carburant étaient lundi bien plus nombreuses qu'à la fin du mois d'octobre, selon des données officielles analysées par l'AFP. Des difficultés constatées deux jours avant la baisse des remises de l'État et de TotalEnergies.

À l'échelle nationale, ce sont près de 21% des stations-service qui étaient à sec pour au moins un type de carburant, essence ou gazole, sur un échantillon de 9900 stations qui en servaient le 20 septembre dernier, avant une longue grève dans les raffineries françaises. Le 26 octobre, alors que cette grève ne touchait plus que deux sites de TotalEnergies, ce chiffre était de 14,5%. Près de 13% des stations étaient même totalement à court de carburant lundi, contre 9,8% fin octobre, selon des données transmises par les stations et téléchargées à 9h45 sur le site prix-carburants.gouv.fr.

"Des automobilistes qui se sont pressés à la pompe"

Comment expliquer ce retour en force des difficultés ? "Cet emballement est uniquement dû à la fin des remises, avec des automobilistes qui se sont pressés à la pompe, mais aussi au week-end de trois jours, avec un jour d'approvisionnement en moins la semaine dernière", explique à l'AFP Francis Pousse, président des stations-service et énergies nouvelles au sein du syndicat professionnel Mobilians, qui représente 5800 stations traditionnelles (hors grande distribution).

Mercredi, la remise de 30 centimes par litre de carburant financée par l'État depuis le 1er septembre baissera à 10 centimes. Celle de TotalEnergies passera de 20 à 10 centimes. Ces deux remises de 10 centimes dureront jusqu'au 31 décembre. À compter de 2023, le gouvernement prévoit une aide ciblée sur certains automobilistes "qui ont du mal à joindre les deux bouts", selon le ministre Gabriel Attal.

Auvergne-Rhône-Alpes et Ile-de-France particulièrement touchées

Quant à la répartition des stations en difficulté, les disparités régionales sont fortes. Dans 17 départements, plus de 40% des stations manquaient soit d'essence, soit de gazole. C'est le cas de la plupart des départements de région parisienne, comme la Seine-Saint-Denis (49,5% de stations affectées), le Val-d'Oise (46%), les Yvelines (45%) et Paris (43,6%).

En Auvergne-Rhône-Alpes, 58% des stations du Puy-de-Dôme manquaient d'au moins un type de carburant, et 46% dans le Rhône, où la raffinerie de Feyzin (TotalEnergies), dernière en grève, n'a suspendu le mouvement que le 8 novembre. "Feyzin a été débloquée la semaine dernière mais vous ne réapprovisionnez pas instantanément un ensemble de stations-service", selon Francis Pousse. 

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Le spécialiste se veut pour autant rassurant et se refuse à parler de pénurie. "Les camions recommencent à rouler depuis ce matin pour réapprovisionner les stations-service", précise-t-il, et par ailleurs, "la consommation de carburant devrait largement ralentir à partir de mercredi". Le gouvernement, de son côté, n'a plus communiqué de chiffres sur les ruptures de carburants depuis le 21 octobre, après que des analyses de médias ont montré une sous-estimation de la pénurie.


M.L (avec AFP)

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