Face à la concurrence du marché chinois, les chausseurs français résistent

par V. F | Reportage TF1 : Elena Despatureaux et Bertrand Lachat
Publié le 29 janvier 2024 à 8h43

Source : JT 20h WE

Le nombre de paires de chaussures fabriqué en France a augmenté en 2023.
Une résistance des chaussures tricolores qui s'est accompagnée aussi d'une hausse de leur chiffre d'affaires.
Pour ce faire, certains ont su trouver des atouts qui leur permettent de rivaliser avec la concurrence.

C'est une marque de chaussures qui traverse le temps depuis plus de 90 ans. Et pourtant, le groupe Eram a bien failli disparaître face à la concurrence chinoise et les géants du commerce en ligne. Il résiste toujours dans le Maine-et-Loire, devenu l'un des bastions de la chaussure française. Et c'est une fierté pour Juliette Biotteau, l'arrière-petite-fille du fondateur. 

La recette pour durer ? Se diversifier. En clair, savoir tout produire, de la basket à la chaussure de sécurité pour moins de 100 euros. "On se réinvente notamment avec tout ce qui est nouveaux services : la réparation, la location de chaussures en magasin, la proposition de la seconde main. Et c'est pour ça aussi que les clients continuent de venir chez nous", explique la jeune femme dans le reportage de TF1 en tête de cet article. 

En France, je pense qu'on est peu d'usines à savoir créer des chaussures. Donc oui, c'est une fierté.
Kathy Landreau, cheffe de ligne

Nouveau modèle économique et nouvelles machines avec plus d'un million d'euros d'investissement. "On est en train d'implanter une cellule robotisée. On fait partie des pionniers en France. C'est très difficile d'automatiser la production de chaussures et pour autant, on est en train d'y aller. On fait face à une concurrence internationale qui vient de très loin, d'Asie, mais également de plus près. Ça peut être le Portugal, l'Europe de l'Est. On a des écarts de coûts de main d'œuvre, mais en fait, l'idée, c'est de gommer une partie de ces écarts avec de la technologie", détaille Jean-Olivier Michaux, directeur du Pôle industriel. 

Des robots qui sont assignés aux tâches les plus répétitives. De quoi rester compétitif et maintenir l'emploi des 150 salariés, voire d'en embaucher d'autres, comme Kathy Landreau, cheffe de ligne. "En France, je pense qu'on est peu d'usines à savoir créer des chaussures. Donc oui, c'est une fierté", dit-elle. Dans le pays, il ne reste plus que 90 ateliers de chaussures. Les liquidations sont nombreuses ces dernières années, mais le secteur fait preuve de résilience. "En France, nous fabriquons chaque année à peu près 15 millions de paires et c'est +3 % de plus par rapport à l'année dernière. On voit quand même une hausse, une demande de ce Made in France et une légère progression", admet Clémentine Colin Richard, présidente de la Fédération française de la chaussure.

De leurs côtés, les sandales en plastique Méduse, une autre marque française, ne coûtent que 20 euros et font fureur au Japon et en Corée. À plus de 9000 kilomètres de là, ces sandales sont également produites dans le Maine-et-Loire depuis 60 ans. "Je pense que c'est un modèle iconique. Les Américains les ont vus dans les films, dans la culture en général. Tout le monde veut avoir le style français", assure Andréa Westerlind, une cliente américaine venue se réapprovisionner pour sa boutique à New-York. 

Sandales l'été, bottes l'hiver, la marque crée une nouvelle collection tous les six mois à petit prix pour résister à la concurrence. Les procédés de moulage sont les mêmes depuis des décennies, mais la matière première est désormais issue du recyclage. "La matière première, c'est des granulés de PVC et, en fait, on les fait fondre. C'est des PVC qui sont fabriqués à 20 kilomètres d'ici, donc c'est vraiment du local", affirme Guillaume Humeau, directeur général du groupe Humeau. Un argument de plus pour séduire une nouvelle génération de clients. L'an dernier, 900.000 paires ont été vendues, dont la moitié à l'étranger. 


V. F | Reportage TF1 : Elena Despatureaux et Bertrand Lachat

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