Crédit immobilier : faut-il changer d’assurance emprunteur ?

par Victor LEFEBVRE pour TF1 INFO
Publié le 29 janvier 2024 à 8h00

Source : JT 20h Semaine

L’assurance emprunteur est souvent exigée pour obtenir un crédit immobilier.
Depuis 2022, il est encore plus simple d’en changer, et ce, à n’importe quel moment.
Cela a permis de faire baisser les prix, mais l’économie ne doit pas être le seul élément à prendre en compte.

La flambée des taux d’intérêts depuis deux ans complique l’accès au crédit immobilier. Les banques peuvent se montrer frileuses. Pour les acheteurs, la facture augmente. Toute source d’économie est donc bonne à prendre. On peut bien sûr tenter de négocier sur le taux, mais aussi sur le montant de l’assurance emprunteur. Elle est souvent exigée par la banque afin de couvrir le risque de décès, d’invalidité et parfois la perte d’emploi du client. C’est un levier qui est d’autant plus facile à activer depuis la réforme Lemoine de 2022.

Combien peut-on gagner à changer d’assurance emprunteur ?

Cette loi permet en effet aux emprunteurs de changer d’assurance à tout moment, alors qu’il était jusque-là obligatoire d’attendre le jour anniversaire du contrat. Il s’agit de la dernière d’une série de réformes qui ont libéralisé le marché de l'assurance emprunteur. Les travaux préparatoires de la loi Lemoine estimaient que le consommateur pourrait gagner entre 5 000 et 15 000 euros sur la durée du prêt. Un peu plus d’un an après sa mise en place, le Comité consultatif du secteur financier (CCSF, un organe de la Banque de France), a évoqué mi-janvier un bilan "très positif". Il relève que les demandes de substitutions d’assurance ont augmenté de 80 % depuis la mise en place de la nouvelle règle. Cela a permis de stimuler la concurrence et de faire baisser les tarifs. La baisse des prix a été générale, selon le CCSF.

Attention aux conditions du contrat

Étudier les offres d’acteurs autres que les banques permet donc en principe de réaliser des économies significatives à long terme. Elles ne sont cependant pas toujours du même ordre. Par exemple, la loi Lemoine a aussi supprimé, dans certains cas, le questionnaire de santé exigé pour souscrire une assurance emprunteur. Pour les contrats concernés par ce changement, les prix ont baissé plus faiblement, les assureurs cherchant à compenser la prise de risque. 

Changer d’assurance emprunteur en ne tenant compte que du prix est également risqué. Le rapport du CCSF relève en effet "une très mauvaise connaissance des contrats d’assurance emprunteur par les assurés ou leurs ayants droit et une information insuffisante de la part des assureurs" chez les acteurs alternatifs. Cela peut aboutir à des refus d’indemnisation. Il est donc important de bien prendre le temps d’étudier le contrat, les différences avec l’ancien et les conditions. À noter que de nouvelles obligations d’informations ont été imposées aux assureurs pour limiter ce genre de situations.


Victor LEFEBVRE pour TF1 INFO

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