Mercredi 1er février, le tarif réglementé de l'électricité augmente de 15% en France.
Une hausse programmée et limitée dans le cadre du bouclier tarifaire.
Elle concernera 20,54 millions de foyers et 1,45 million de petits professionnels.

Après le gaz en janvier, c'est au tour de l'électricité. Mercredi 1er février, le tarif réglementé va connaître une augmentation de 15%. Une hausse programmée et limitée dans le cadre du bouclier tarifaire gouvernemental et qui va concerner à la fois les particuliers et les petits professionnels. Si les barèmes de calculs avaient été respectés, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) indique que l'augmentation aurait dû être de 99,22% et non de 15% le mois prochain.

Qui est concerné ?

La hausse du tarif réglementé de l'électricité de mercredi concerne 20,54 millions de foyers et 1,45 million de petits professionnels de l'Hexagone, de la Corse et de l'Outremer. En revanche, les habitants de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie ne verront pas leur facture augmenter, puisque les deux territoires ont leurs propres tarifs. "Les nouveaux prix seront répercutés sur la facture chaque mois", a précisé EDF à l'AFP. Pour les clients qui ne veulent pas modifier leurs mensualités, une régularisation en fin d'année sera appliquée.

Environ 100.000 logements du parc social, chauffés collectivement à l'électricité, sont aussi indirectement concernés. Le nouveau tarif servira au calcul de l'aide du bouclier tarifaire améliorée fin 2022, qui reste "imparfaite" selon le Mouvement HLM. "Parce que la part des dépenses de transport et de logement est un peu plus élevée dans leur panier de consommation, les ménages avec les revenus les plus bas subissent plus fortement la hausse des prix de l’énergie", a souligné à plusieurs reprises l'Insee.

Cette augmentation équivaut, en moyenne, à 20 euros de plus sur la facture pour ceux qui se chauffent à l'électricité avec un contrat au tarif réglementé. Toutefois, la hausse dépend de l'option choisie et le montant supplémentaire à régler peut varier. À noter que cette revalorisation devrait être la seule de l'année.

Comment l'expliquer ?

Cette hausse est identique à celle du tarif réglementé du gaz le 1er janvier dernier. Elle survient après douze mois de gel tarifaire décidé par le gouvernement. Elle est le fruit d'un arbitrage politique, avec à la clé des considérations budgétaires pour l’État qui prend en charge 85% de la hausse. Son montant en 2023 est toutefois plus important qu'en 2022 : au 1er février dernier, le gouvernement avait limité la revalorisation des tarifs réglementés de l'électricité à 4%. 

Cette augmentation ne touche pas seulement la France, mais également l'Europe. Elle est en partie liée à la pandémie de Covid-19  alors que le redémarrage général de l'activité a tiré à la hausse l'ensemble des prix de l'énergie dès le premier trimestre 2021. Le déséquilibre entre l'offre et la demande s'est aggravé en 2022 avec la guerre en Ukraine, qui a généré des craintes sur l'approvisionnement en gaz.

La France, même si elle tire 70% de son électricité à bon marché de son parc de centrales nucléaires, n'a pas été épargnée. Comme les autres pays, elle est tributaire des cours sur les marchés de gros. Or, les prix à terme de l'électricité pour livraison en 2023 ont atteint un "niveau exceptionnellement élevé tout au long de l’année 2022", constate la Cre.

Cela "s'explique d'une part par le prix très élevé des prix de gros du gaz", dont dépendent les prix de l'électricité, selon la Cre. La "faible disponibilité anticipée du parc nucléaire français" a aussi conduit les acteurs du marché de l'électricité à appliquer une prime de risque sur la France face à des menaces de pénurie.


Annick BERGER

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