Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

La pomme de terre, l'autre victime du confinement

V. F
Publié le 16 décembre 2020 à 9h55
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

EN CRISE - C'est le "légume" le plus consommé en France. Mais avec le confinement et la fermeture des restaurants et des cantines d'entreprises, des tonnes de pommes de terre n'ont pu être écoulées.

La pandémie va-t-elle mettre en péril le bon vieux steak-frites ? Une chose est sûre, avec le confinement et la fermeture des restaurants, les stocks de Roseval et autres Bintje sont beaucoup plus difficiles à écouler. À Paris, le propriétaire de Patati Patata, un restaurant spécialisé dans la pomme de terre farcie, a ainsi vu son chiffre d’affaires fondre de 70%. Et avec lui les commandes de tubercules, qui sont passées d'une demi-tonne par semaine à 100 kilos aujourd'hui. 

Alors pour limiter les pertes, il ne fait plus que de la vente à emporter au déjeuner, et a réduit son personnel de moitié.  "Forcément, mon chiffre d’affaires a tellement baissé que je ne peux plus passer autant de commandes qu’avant, et automatiquement cela impacte aussi le paysan", soupire Ahmet Orum.

Des producteurs démunis

Ce n’est effectivement pas le seul à réduire sa demande. Avec la baisse d’activité des restaurateurs et des industriels de l’agroalimentaire cette année, de nombreux producteurs sont aussi démunis, avec un marché qui fonctionne désormais au ralenti. La France est le premier exportateur mondial de pommes de terre, avec plus de 8 millions de tonnes produites chaque année, dont trois destinées à l’étranger. Mais aujourd’hui, les agriculteurs doivent gérer un surplus de stock. 

"On se retrouve avec des tas de pommes de terre sur un marché qui est désastreux et dans lequel, dans les contrats qui ne sont pas engagés, on se retrouve avec une pomme de terre qui n'a plus de marché", explique Geoffroy d'Evry, producteur dans l'Oise. Il faut dire que dans cette filière, les contrats sont signés à l’année. Par crainte d’une baisse des commandes en 2021, cet agriculteur a préféré réduire d’un tiers ses surfaces dédiées à la pomme de terre. "Je vais réorganiser mon assolement en faisant un peu plus de blé et en refaisant de la betterave", ajoute-t-il. 

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"Les marchés ne vont pas reprendre aussi facilement que ça, c'est pour ça qu'on a préconisé de limiter la production de pommes de terre de manière conséquente pour rééquilibrer l'offre de la production à la demande des marchés", renchérit Martin Mascré, le directeur de l'Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT). Car avec la crise sanitaire, c’est tout l’équilibre de la filière qui est fragilisé. En France, la pomme de terre représente 47.000 emplois directs.


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