Économies d’énergie et sécurité : pensez à bien entretenir votre chaudière !

Publié le 10 octobre 2022 à 9h17, mis à jour le 11 octobre 2022 à 10h36

Source : JT 13h Semaine

Obligatoire depuis 2009, l’entretien annuel de la chaudière permet d’économiser de l’énergie et d’éviter des accidents.
Le propriétaire ou le locataire doit demander à l’artisan de tester les performances des chaudières au gaz, au fioul ou au bois à granulés.

C’est le défi de cet automne : économiser de l’énergie. Face aux bonds des factures du gaz ou de l’électricité, ce défi devient pour chacun une nécessité. Il existe plusieurs astuces pour diminuer le coût du mégawattheure d’électricité ou du mètre cube de gaz : couvrir ses casseroles, baisser ses radiateurs à 19° le jour et 17° la nuit, se laver les mains à l’eau froide, etc. Mais la méthode la plus efficace, obligatoire depuis plus de dix ans, reste d’entretenir sa chaudière tous les ans.

Intérieur encrassé, brûleur défectueux, conduits bouchés, etc. Les dangers peuvent se multiplier en cas de non-contrôle. Cette obligation concerne les chaudières au gaz, au charbon, au fioul (dont les nouvelles installations demeurent interdites depuis 2022) ou au bois à granulés. Les pompes à chaleur et appareils de chauffage avec ventilation requièrent également une mise à jour annuelle. La loi impose cet entretien à tous les appareils dont la puissance se trouve entre 4 et 400 kilowattheures. Elle vise à limiter les risques d’intoxication au monoxyde de carbone, départs d’incendies, de fuites ou de divers dysfonctionnements.

Qu’est-ce que le monoxyde de carbone ? Il s’agit d’un gaz invisible et inodore. Il provoque des maux de tête, des nausées et des vertiges et peut être mortel. La combinaison d’un équipement mal entretenu associé à une mauvaise aération du logement le déclenche. Si vous avez du mal à respirer à votre domicile et que vous soupçonnez une intoxication, aérez votre logement, arrêtez les chauffages et appelez immédiatement les secours.

Vérifications et maintenances de la chaudière

Il s’agit de vérifier l’équipement de chauffage et éventuellement le nettoyer ou le régler. Le nettoyage complet de ses mécanismes intérieurs et extérieurs doit intervenir sur le corps de chauffe, le brûleur, la veilleuse, le condensateur ou le conduit d’évacuation des fumées. La liste des composants à contrôler et à nettoyer dépend du combustible utilisé. Pour une chaudière à bois à granulés, par exemple, l’artisan chauffagiste doit vérifier le bon fonctionnement de l’alimentation automatique en combustible et le dispositif de sécurité contre les retours de flamme. En l’absence de maintenance, la chaudière consomme davantage et se dégrade plus vite. Aucune période ne semble propice au soin de la chaudière. Mais dans l’idéal, faites-le à la sortie de l’hiver, après plusieurs mois de fonctionnement, ou au début de l’automne, avant de la remettre en fonctionnement.

Le professionnel intervenant chez vous doit être qualifié, certifié et respecter la norme NF X50-010. Lors de sa visite, il mesure le rendement de votre équipement, le bon dimensionnement du générateur de chaleur par rapport à vos besoins de chauffage et les émissions de polluants atmosphériques de votre équipement.

À la fin de sa visite, n’hésitez pas à solliciter les conseils du chauffagiste. Dans les 15 jours suivant son passage, il doit vous remettre une attestation d'entretien. Il faut conserver ce document 2 ans.

Attention, si le chauffagiste mesure un taux de CO dans l'air ambiant comprise entre 10 et 50 ppm (partie par million), il doit vous demander de vérifier le tirage du conduit de fumée et la ventilation du logement. S’il relève une teneur en CO supérieure ou égale à 50 ppm, il doit vous avertir d’un danger grave et immédiat. Il faut mettre à l’arrêt votre équipement sans délai et jusqu'à la remise en service dans les conditions normales de fonctionnement.

Entretien chaudière : à qui la charge, propriétaire ou locataire ?

Si le logement concerné par la maintenance de la chaudière est occupé par un locataire, il lui revient de s’en charger. Il doit financer l’entretien et d’éventuelles menues réparations nécessaires à son bon fonctionnement. Le locataire peut faire appel au professionnel de son choix. Si le contrat de bail stipule que l’entretien de la chaudière incombe au propriétaire bailleur, le locataire peut refuser de prendre les frais à sa charge. En cas de défaut d’entretien de la chaudière, le propriétaire pourra retenir tout ou une partie du dépôt de garantie à son départ du logement.

Le propriétaire se charge des réparations considérées comme importantes : fuite d’eau, réparation due à un sifflement ou un échec de mise en route, panne générale de la chaudière, formation de fumée noire issue de l’appareil, etc. En d’autres termes, si la chaudière représente une menace pour la sécurité du locataire, le propriétaire doit engager les réparations nécessaires ou la remplacer. Attention, si le locataire a manqué à ses obligations, il lui incombe de financer les grosses réparations qui en découlent.

Si votre logement appartient à une copropriété disposant d’une chaudière collective, le propriétaire ou le syndicat des copropriétaires prend en charge l’entretien de la chaudière. Son coût figurera dans le détail des charges.

Assurances et garanties

La loi vous oblige à entretenir votre chaudière sans prévoir de sanction si vous ne le faites pas. Mais ce sont les assurances qui se chargent de vous faire payer la facture en cas d’accident. L'assureur peut refuser de vous indemniser en cas de sinistre. La compagnie vous considérera comme responsable des dommages causés et refusera de vous couvrir, même si votre contrat stipule le contraire.

L’entretien annuel d’une chaudière coûte en moyenne une centaine d’euros. Pour faire légèrement baisser les coûts, vous pouvez souscrire un contrat d’entretien. Il assure à l’artisan un client régulier en revenant chez vous tous les ans et vous évite d’oublier de prévoir cette tâche. Généralement, un tel contrat inclut le passage d’un professionnel de l’entreprise une fois par an, le contrôle de la chaudière et le remplacement des éléments défectueux. Certains artisans proposent des contrats élargis incluant, par exemple, un service d’assistance et dépannage 7 jours sur 7 ou une extension de garantie sur toutes les pièces posées ou encore le ramonage du conduit d’évacuation.


Geoffrey LOPES

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