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Éco-Score pour les vêtements : comment fonctionne ce nouveau label ?

Propos recueillis par Annick Berger
Publié le 25 novembre 2022 à 19h13
JT Perso

Source : Le JT

Le gouvernement veut généraliser, d'ici fin 2023, un nouveau label pour mesurer l'impact environnemental des vêtements.
Cet "Éco-Score" se base sur 16 critères pour définir l'empreinte des produits.
Christophe Girardier, co-fondateur de la start-up Glimpact, qui l'a développé, nous en explique le fonctionnement.

C'est une initiative qui se développe en France : mesurer l'impact environnemental des vêtements que nous achetons. Après le Nutri-Score pour les aliments, l'Éco-Score fait peu à peu son apparition sur les étiquettes des jupes, jean et autres pulls vendus dans le commerce. Expérimenté par une dizaine d'enseignes en France, il vise à évaluer l'empreinte des produits achetés par les consommateurs. Parmi les entreprises qui développent ce système de notation : la start-up Glimpact qui a développé le label. Christophe Girardier, co-fondateur de la société, fait le point sur son fonctionnement pour TF1info. 

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Expliquez-nous ce que va mesurer exactement cet Éco-Score et sur quelques critères ?

Nous définissons ce que j'appelle un "prix environnemental". C'est-à-dire qu'il va y avoir pour chaque vêtement une valeur 10, 20, 2500 ou 3000 qui sont des points d'impact et qui représentent le score qu'on va attribuer à ces vêtements. Par exemple, pour cet indicateur, qu'on voudrait être celui que tout le monde regardera demain, pour une paire de chaussettes, en moyenne, il tourne autour de 200 ou 300 points d'impact. Mais si vous prenez un jean, ce sera entre 2500 et 4000, un manteau, c'est le double. Et ce sont ces points d'impact qui seront ensuite retranscrits en note de A à E pour le consommateur. 

Par ailleurs, notre prix environnemental n'est pas uniquement basé sur l'empreinte carbone, dont tout le monde parle avec les gaz à effet de serre qui jouent un rôle dans le réchauffement climatique. Ce que nous dit notre méthode, c'est que l'empreinte carbone est évidemment très importante, mais que ce n'est pas suffisant pour mesurer l'empreinte environnementale d'un vêtement et que ce n'est qu'une catégorie d'impact parmi les 16 de l'activité humaine sur la planète. Parmi elles, il y a évidemment les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi les émissions de particules fines que tous les Français connaissent et qui provoquent notamment les bronchiolites chez les enfants. 

Autre catégorie d'impact très importante dans le secteur du textile : l'utilisation des ressources en eau, mais aussi l'utilisation des ressources naturelles fossiles et des ressources naturelles minérales. Nous avons aussi l'utilisation des terres agricoles, quand vous cultivez du coton, et les enjeux de la biodiversité qui sont, par exemple, la pollution des eaux et des océans ainsi que l'écotoxicité et la toxicité humaine. En revanche, dans notre classification, les enjeux des conditions de travail ou du travail des enfants ne sont pas pris en compte, car c'est une autre question. Cela ne veut pas dire que le social n'est pas important, mais c'est un autre indicateur.

Qui va évaluer le score des différentes entreprises et comment va s'établir le classement ?

Ce sont les marques qui s'évalueront elles-mêmes sur notre plateforme et rempliront les informations sur leurs conditions de fabrication qui sont nécessaires pour les évaluer. De notre côté, nous contrôlons leur cohérence. Pour le moment, nous avons réuni 13 marques comme Lacoste, Decathlon, Célio ou les Galeries Lafayette qui rentrent leurs informations dans la plateforme et de notre côté, nous nous assurons que le calcul est bien conforme à la méthode définie par l'Union européenne. 

Nous mettons également en place des contrôles sur la rigueur des données entrées concernant les conditions de fabrication. Nous ne vérifions pas tout, mais nous ne laissons pas faire non plus. Pour l'instant, nous avons prévu deux dispositifs avec des contrôles de cohérence sur la plateforme pour vérifier que, par exemple, les taux de consommation d'énergie pour la fabrication d'un vêtement n'est pas délirant, et on a prévu des contrôles inopinés beaucoup plus approfondis où on va demander les preuves de leurs affirmations aux entreprises. Ces contrôles ne seront toutefois pas mis en place tout de suite, car nous sommes une jeune entreprise et que nous travaillons dans une logique de confiance.

L'important pour nous désormais est de convaincre un maximum de marques de mettre en place cet Éco-Score. L'enjeu est aussi de pousser les marques à publier leur empreinte quelle qu'elle soit, parce que, pour nous, la note n'est pas un problème, on regarde surtout ce que l'entreprise va mettre en place pour réduire cette note et c'est là l'enjeu de cet Éco-Score. 


Propos recueillis par Annick Berger

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