Est-ce que je peux distiller de l'alcool chez moi ?

par Marine GIRARD pour TF1 INFO
Publié le 8 juillet 2023 à 8h00

Source : JT 13h Semaine

Vous disposez d’un terrain avec plusieurs arbres fruitiers et êtes tenté par de l’alcool maison ?
Attention, si vous voulez produire de l’alcool par distillation, c’est strictement encadré.
Voici toutes les règles à connaître avant de vous lancer.

Abricots, cerises, pommes, kiwis… En théorie, tous les fruits peuvent être distillés, mais en pratique, cela ne se fait pas dans n’importe quelles conditions. Tout d’abord, pour distiller, il faut impérativement être propriétaire d'un verger ou d'une vigne et distiller vos propres fruits. La nature du terrain doit figurer sur le cadastre. 

Si votre terrain n’est pas référencé comme un verger, vous pouvez toujours changer sa nature en contactant le cadastre qui vous fera alors remplir un formulaire. 

Comment se déroule la distillation ?

Pour la distillation, soit vous apportez vos fruits dans une distillerie professionnelle, et vous devrez alors payer les taxes ainsi que la main d'œuvre, ce qui est le plus simple, soit vous adhérez à une association arboricole qui possède un alambic. Dernière option : faire appel à un bouilleur de cru ambulant, une personne habilitée à produire ses propres eaux-de-vie. On en compte entre 600 et 700 en France.

Attention, avant toute distillation, vous devez vous déclarer à la douane : dix jours avant la distillation si vous le faites par courrier postal, trois jours si vous vous rendez sur place. Le document doit mentionner la localisation de votre verger, le lieu de distillation ou encore l’estimation de la quantité d'alcool produite. Pour mettre hors d’usage les appareils, un gardien agréé ôte, à la fin de l’opération, des parties indispensables, tel le col de cygne.

La période de distillation dure six mois. Elle commence au 1ᵉʳ octobre pour se terminer au 30 avril.

Combien ça coûte ?

Même si ce sont vos fruits, l’opération n’est pas gratuite !

Si vous êtes un bouilleur de cru sans privilège, vous devrez payer un droit par litre d'alcool pur, sachant que ce droit est réduit de 50 % pour les dix premiers litres. Par exemple, si le prix de l’année est fixé à 18 euros le litre et que vous produisez 20 litres d'alcool, cela vous reviendra à 270 euros. 

En revanche, si vous êtes bouilleurs détenteurs d’un privilège, qui date de l’époque napoléonienne et qui n'est plus héréditaire depuis 1959, les dix premiers litres ne sont pas à taux réduits, mais gratuits.

Le cas particulier de l’Alsace-Moselle

Contrairement au reste du territoire, en Moselle et en Alsace (Bas-Rhin et Haut-Rhin), la distillation est autorisée toute l'année, aussi bien dans les ateliers publics que privés. Ce régime spécial provient d’un décret de juin 1930, qui autorise quiconque à produire de l’alcool, si néanmoins le bouilleur respecte les conditions listées ci-dessus.

Si vous avez la moindre interrogation, plutôt que vous lancer et de vous retrouver “hors-la-loi”, n’hésitez pas à vous renseigner auprès de la Fédération nationale des syndicats des récoltants familiaux de fruits et producteurs d’eau-de-vie naturelle (FNSRPE). Sachez enfin que la vente de l’alcool que vous aurez produit est strictement interdite.


Marine GIRARD pour TF1 INFO

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