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Foie gras : ruée sur les volailles à l'approche de Noël malgré la grippe aviaire et l'inflation

F.R. | Reportage TF1 M. Chaize, J.M. Lucas
Publié le 13 novembre 2022 à 22h08, mis à jour le 14 novembre 2022 à 9h30
JT Perso

Source : JT 13h WE

La grippe aviaire a entraîné l'abattage de plus de 770.000 animaux depuis l'été et suscite le désarroi du monde agricole.
À l'approche des fêtes, les consommateurs se ruent malgré tout sur les volailles.
Dans le Gers, la commune de Gimont a notamment lancé la saison de son célèbre marché au gras.

Quand le sifflet retentit à 10 heures, les clients se ruent vers les étals. En moins de dix minutes, tous les foies gras sont vendus. "C'est très rapide", témoigne une cliente dans la vidéo de TF1 ci-dessus. Certains sont chanceux : "ils sont assez rares cette année donc je suis ravie". D'autres ont moins de chance, à l'instar de cette cliente : "il y a une personne qui a tout pris, ce n'est pas normal, c'est dommage". "Il y a une ruade sur les étals et quand j'ai voulu prendre un foie, il n'y en avait plus", regrette un autre.

Dans le Gers, à Gimont, la saison du marché au gras a débuté depuis la mi-octobre. Malgré l'afflux des clients, la pénurie de foie gras se fait ressentir. À cause de la grippe aviaire, les éleveurs ont perdu de nombreuses bêtes. "Au lieu d'avoir cinquante ou soixante canards par semaine, on en a que 30. Ça a été dépeuplé, donc ça manque de canetons et de canards prêts à gaver", témoigne Jean-Michel Dainèse, producteur de foie gras, à Saint-Médard (Gers).

-30 à 35% de baisse de la production de foie gras

Un mois avant Noël, la menace de l'épidémie continue d'inquiéter. Depuis deux jours, les volailles de plein air doivent de nouveau être confinées partout en France pour tenter d'endiguer la grippe aviaire qui a entraîné l'abattage de plus de 770.000 animaux depuis l'été. La saison dernière avait déjà été catastrophique, avec plus de 20 millions de volailles abattues entre l'automne 2021 et le printemps 2022.

De quoi faire redouter une pénurie de volailles, ou de foie gras, denrées traditionnelles des fêtes de fin d'année. Fin octobre, la filière foie gras avait pourtant assuré qu'elle allait "se relever" de la grippe aviaire. "On ne peut pas imaginer ne pas avoir de foie gras, de magret, de confit dans notre pays", expliquait alors le président de l'interprofession du foie gras (Cifog), Éric Dumas, lors d'une conférence de presse. Durement impactée par l'épidémie de grippe aviaire, la production de foie gras est attendue en baisse "de l'ordre de -30% à -35%" en 2022.

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Autre mauvaise surprise pour les consommateurs : le foie gras est jusqu'à deux fois plus cher que l'année dernière. "Aujourd'hui, ça a coûté 55 euros le kilo. L'année dernière, on avait payé 45 euros", détaille une cliente du marché de Gimont. Une augmentation qui s'explique par l'inflation. Selon cette productrice, cette hausse représente "25 ou 30% par rapport à l'an dernier. "Au départ, les canards sont plus chers et le maïs qu'on leur donne pour les gaver est plus cher aussi."


F.R. | Reportage TF1 M. Chaize, J.M. Lucas

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