La flambée des prix de l'énergie

REPORTAGE - "On ne pourra pas payer" : cette copropriété n'allumera pas le chauffage cet hiver

F.R | Reportage TF1 Anouchka Flieller, Dominique Guido et Didier Laborde
Publié le 14 octobre 2022 à 10h00
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Près d'une centaine de copropriétaires niçois ont décidé de couper leur chauffage central jusqu'à au moins janvier prochain.
En cause, la hausse des prix du gaz, qui fait flamber leur budget.
Le 20H de TF1 est allé à leur rencontre.

Ils n'ont plus les moyens. À Nice, une centaine de copropriétaires ont décidé cette semaine de couper leur chauffage central, face à la flambée du prix du gaz. Dans les appartements de cette copropriété, une ancienne cité HLM pour enseignants construite dans les années 1950, les radiateurs resteront froids cet hiver : le chauffage au sol, qui fonctionne au gaz, restera coupé au 15 octobre, et ce pendant plusieurs mois.

Une décision prise quasiment à l'unanimité par les copropriétaires en assemblée générale, qui auraient vu leur facture exploser. "On ne pourra pas payer, ça nous fait 700 à 800 euros par mois juste pour le chauffage", souligne l'une des habitantes, au micro du 20H de TF1, dans la vidéo en tête de cet article.

Un devis à plus de 750.000€

Chez Forimmo, le syndic de la copropriété, les devis reçus pour le gaz ont été multipliés par 9. "Sur les exercices précédents, nous étions à peu près à 80.000 euros et là, la dernière offre que nous avons reçue au mois d'octobre est de 750.000", détaille Didieu Daubeze, gérant de Forimmo. Dans le détail, le dernier devis reçu par le syndic s'élève à 757.908 euros. 

"Je ne suis pas très favorable à l'arrêt du chauffage, sachant que certains vont se retrouver dans une situation précaire. Après, la copropriété a fait un choix, nous le respectons", continue Didier Daubeze.

La ruée sur les chauffages d'appointSource : JT 13h Semaine

Si la plupart des copropriétaires ont approuvé le choix de couper le chauffage central, certains commencent tout de même à s'équiper pour affronter l'hiver. "On va devoir improviser et acheter des chauffages d'appoint électriques pour ne pas se geler", confie l'une des copropriétaires, qui habite un trois pièces. Cet hiver, avec le chauffage collectif, ses factures auraient pu atteindre les 500 euros par mois.

Ludmilla, une autre copropriétaire, a, elle, décidé d'investir dans un système de chauffage individuel : un climatiseur réversible. La facture s'élève à 3800 euros. "C'est vrai que ça coûte très cher", concède celle qui préfère néanmoins se passer du système collectif. "Comme ça, chacun paye ce qu'il consomme", explique-t-elle.

Le bouclier tarifaire, bientôt appliqué aux copropriétés

Actuellement, le bouclier tarifaire, mis en place par le gouvernement, et qui limite la hausse des prix du gaz à 15%, ne s'applique pas encore aux copropriétés. Dans un courrier à la Première ministre Élisabeth Borne, le député LR niçois Éric Ciotti a d'ailleurs dénoncé cette exclusion. En réponse à cette lettre, la Première ministre "a confirmé que le bouclier tarifaire s'appliquerait bien aux copropriétés mais que l'application du dispositif était dans l'attente de la publication d'un décret", avait assuré le député, ce mercredi 12 octobre,  dans un courriel à l'AFP. 

Mais, même lorsque les copropriétés bénéficieront du bouclier tarifaire, les copropriétaires devront avancer les frais, avant d'être remboursés. Un problème pour certains, qui craignent pour leur budget, à l'instar de Philippe Lorenzi, contrôleur aux comptes du conseil syndical. "Le remboursement doit se faire très longtemps après. Je paye 900 euros de charges par trimestre, je passerai là à 2500. Si c'est six mois, vous voyez ce que ça donne...", soupire-t-il.

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Après plusieurs mois sans chauffage, une nouvelle assemblée générale sera organisée en janvier pour décider, ou non, de la remise en marche du chauffage collectif.


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