L'alcool nocif pour le cerveau, quelle que soit la quantité, pointe une étude britannique

La rédaction de LCI
Publié le 19 mai 2021 à 8h34
Des bouteilles de champagne, en décembre 2020 à Ay, dans la Marne.

Des bouteilles de champagne, en décembre 2020 à Ay, dans la Marne.

Source : BERTRAND GUAY / AFP

SOBRIÉTÉ - Une étude britannique, disponible en prépublication début mai, suggère qu'une consommation d'alcool, même limitée, pourrait avoir un effet négatif sur le cerveau.

"À consommer avec modération." La mention, répétée d’étiquettes en spots publicitaires, perdrait de son sens à la lecture d’une étude britannique disponible en prépublication, dans l’attente d’une relecture par les pairs, et relayée par le journal The Guardian. Les auteurs, chercheurs à l’Université d’Oxford, pointent les effets négatifs sur le cerveau associés à la consommation d’alcool, quels qu’en soient le type et la quantité.

"Nos résultats suggèrent qu'il n'existe pas de niveau de consommation d'alcool sans danger pour la santé du cerveau", exposent-ils, ajoutant même que "la consommation modérée est associée à des effets néfastes sur le cerveau plus étendus que ce qui était précédemment reconnu auparavant." 

Pour parvenir à ces conclusions, l’étude s’appuie sur la UK Biobank, une vaste base qui permet aux chercheurs d'accéder aux données biomédicales d'un demi-million de patients, collectées entre 2006 et 2010. Elle leur a permis d’inclure 25.378 participants qui ont déclaré un certain nombre de caractéristiques tels que leur âge, leur sexe, les habitudes de consommation d’alcool et des examens d’imagerie cérébrale.

Matière grise

Principal résultat : "un volume plus élevé de consommation d'alcool par semaine était associé à une densité de matière grise plus faible presque partout", écrivent les auteurs, qui estiment qu’il peut expliquer jusqu’à 0,8% des variations observées. Un chiffre certes faible, mais supérieur à tous les autres facteurs de risque modifiables étudiés, comme le tabagisme, avec lesquels il peut également se cumuler.

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Vin, bière, spiritueux : l’étude n’identifie pas de type de boisson plus inoffensive qu’une autre. En revanche, "la durée de la consommation d'alcool nécessaire pour avoir un effet sur le cerveau n'est toujours pas claire", reconnaissent les chercheurs, qui indiquent que certaines périodes de la vie, comme l’adolescence ou le grand âge, pourraient être associées à un risque accrue.

Ils recommandent donc de revoir les recommandations de consommation maximale faite aux populations au Royaume-Uni. Pour rappel, en France, les autorités sanitaires préconisent de se limiter à deux verres par jour, et d’observer au moins un jour d’abstinence par semaine.


La rédaction de LCI

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