La boutique en ligne d'Emmaüs dénonce la "concurrence déloyale" d'Amazon, Shein et Temu

par M.G avec AFP
Publié le 15 avril 2024 à 14h08

Source : JT 20h WE

Label Emmaüs, boutique en ligne de seconde main, s'insurge lundi contre la "concurrence déloyale" des géants du commerce en ligne.
Au-delà d'Amazon, la plateforme cible les Chinois Shein, Temu ou encore AliExpress, tous accusés de marcher sur ses plates bandes à des conditions plus avantageuses.

Un cri d'alarme. "Créée en 2016, la marketplace solidaire souffre de plus en plus des pratiques commerciales des géants du numérique tels qu'Amazon", notamment dans le secteur du livre, dénonce Label Emmaüs dans un communiqué. La boutique en ligne de seconde main s'attaque aussi aux Chinois Shein, Temu et AliExpress. "Depuis un an ou deux, ça commence à être vraiment compliqué de survivre", déclare à l'AFP la directrice et cofondatrice de l'association, Maud Sarda, qui pointe l'inflation et les stratégies "délétères" des plateformes mises en cause (publicité "incessante", "livraisons toujours plus rapides" et prix tirés vers le bas).

Vers une meilleure régulation ?

Pour tenter de renverser la tendance et de sensibiliser l'opinion, Label Emmaüs a lancé une campagne sur les réseaux sociaux intitulée "Tous nos livres se valent", mettant côte à côte la biographie de l’Abbé Pierre, fondateur d'Emmaüs, et celle de Jeff Bezos, PDG du mastodonte américain. 

En parallèle, l'association réclame une régulation plus importante du secteur. Cela tombe bien, les députés ont récemment adopté une proposition de loi pour rendre la fast-fashion - la mode éphémère - moins attractive, avec des pénalités financières et une interdiction de la publicité. Le Sénat doit, toutefois, encore se prononcer sur ce sujet. Il s'agit d'une "belle piste", note Maud Sarda, mais il faut en faire davantage, estime-t-elle, évoquant des lois pour "empêcher Shein de proposer 8000 nouveaux produits par jour" ou "Amazon de proposer la livraison gratuite".

Selon les premiers chiffres, les visites mensuelles sur le site de la boutique qui revend vêtements, mobilier et livres donnés à l'association, ont chuté à 500.000 en ce début d'année 2024, soit 20% de moins qu'à la même période l'année précédente. Le coup est particulièrement rude concernant les livres, qui constituent un tiers de ses revenus. Il faut dire que, en plus de la concurrence des grandes enseignes, 14% des livres produits en France en 2022 sont détruits au lieu d'être vendus, selon une étude du Syndicat national de l'édition. "On propose d'orienter ces invendus vers toutes les grandes associations", appelle Maud Sarda, qui suggère de reverser une partie des ventes réalisées pour payer les droits d'auteurs. Cela sera-t-il suffisant ? Rien n'est moins sûr, mais il s'agirait d'un premier pas. 


M.G avec AFP

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