La grande distribution multiplie les remises jusqu'au 29 février, voici pourquoi

Publié le 20 février 2024 à 16h23, mis à jour le 20 février 2024 à 17h54

Source : JT 20h Semaine

Plusieurs enseignes de la grande distribution ont décidé de casser leurs prix sur des produits d'hygiène et de soin.
Certaines proposent par exemple des réductions "jusqu'à 80%".
La raison ? L'entrée en vigueur d'une loi le 1ᵉʳ mars prochain, qui leur interdira de telles promotions.

"Jusqu'à 80% d'économies", "100% remboursé en bon d'achat"... Depuis plusieurs jours, des promotions XXL fleurissent dans les rayons de la grande distribution. De nombreux produits non alimentaires sont vendus à petits prix, une opération que l'enseigne Carrefour a nommé les "promos bientôt interdites". Et pour cause : au 1ᵉʳ mars, une loi interdira à la grande distribution de tels rabais.

Il s'agit de la loi Descrozaille, du nom du député Frédéric Descrozaille, à l'origine de ce texte. Outre la prolongation de la marge de 10% imposée aux distributeurs jusqu'en 2025 afin de protéger les agriculteurs, cette loi interdit aussi aux magasins de casser leurs prix. Dans les prochains jours, les promotions dépassant 34% sur les produits d'hygiène et de soins seront tout simplement proscrites, à l'image des règles déjà existantes pour l'alimentaire.

Une règle contestée

Alors la grande distribution en profite. "Les nouvelles contraintes réglementaires vont fortement impacter notre force de frappe à partir du mois de mars", déclarait Christophe Chineau, président d'Intermarché, dans un communiqué du groupe début janvier. "Il nous semblait donc essentiel de proposer des offres à nos clients avant leurs mises en application."

Si les distributeurs profitent de ces quelques jours avant de dire au revoir à de telles offres promotionnelles, ses patrons auraient aimé repousser (ou annuler) l'entrée en vigueur de la loi. "Cette limitation des promotions va peser sur le budget des ménages, car les produits comme les lessives, les déodorants, les shampoings ou les pastilles lave-vaisselle coûtent cher", regrettait l'an dernier le patron du comité stratégique E.Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, dans les colonnes du Parisien. Celui de Système U, Dominique Schelcher, qualifiait même de "folie" cette nouvelle règle.

"À l'heure où trop de Français renoncent déjà à consommer des produits du quotidien indispensables, cette limitation est difficilement compréhensible", déplore la Fédération du commerce et de la distribution, qui regroupe la plupart des grandes enseignes, interrogée par TF1info. "Cette mesure va encore frapper les pouvoir d'achat des Français les plus en difficulté", anticipe-t-elle, après s'être opposée à l'entrée en vigueur du texte. "En parallèle, elle va accroître les marges de quelques géants industriels du secteur, qui possèdent souvent plus de 70% du marché de ces produits."

Reste que la mesure doit bien entrer en vigueur : elle est issue d'une proposition de loi, et non d'un projet de loi gouvernemental, seuls les parlementaires peuvent donc la modifier. À l'Assemblée nationale, aucun groupe n'avait voté contre ce texte (117 pour, 34 abstentions) en mars 2023.


Idèr NABILI

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