80 marques vont déployer d'ici à la fin de l'année une étiquette indiquant l'origine des ingrédients composant leurs produits.
Un logo qui mentionne le pays d'origine et pourra aussi préciser celui dans lequel la matière première a été transformée.
Seules les entreprises volontaires participent à ce dispositif déployé par le gouvernement.

Selon une récente enquête menée par UFC-Que Choisir, après analyse de 243 aliments transformés - conserves, plats préparés, salades, sandwichs, charcuteries - de grandes marques, le manque de transparence est criant. "Pour 69% des ingrédients, l'opacité règne sur leur origine", souligne l'association. Pour y remédier et offrir une meilleure information aux consommateurs, la ministre Olivia Grégoire s'est alors engagée, dans le contexte de la crise agricole, à déployer un score indiquant la provenance des produits

Trois alternatives

Finalement nommé Origin'Info, le label sera déployé dès cet été pour les marques les plus avancées. Il précise l'origine des trois principaux ingrédients d'un plat préparé, salade, sandwich, charcuterie, etc. Les logos viennent tout juste d'être dévoilés par le ministère de la Consommation. Voici à quoi ils vont ressembler. 

Ministère de la Consommation

Issus d'une concertation avec les acteurs de l'industrie agro-alimentaire et de la grande distribution, ils proposent trois alternatives aux marques : indiquer l'origine des trois principaux ingrédients ; indiquer l'origine de ceux-ci ainsi que leur lieu de transformation (par exemple des lasagnes à base de blé français, mais transformées en Allemagne) ; et enfin, indiquer la répartition en valeur de ces origines grâce à une visualisation à l'aide d'un camembert.

Ministère de la Consommation

Selon le cabinet d'Olivia Grégoire, 80 marques adhèrent déjà à cette démarche. L'entourage de la ministre espère une "montée en puissance" une fois les premiers emballages déployés. Toutes les marques distributeurs participent à l'initiative, sauf Aldi. De même source, parmi les grandes marques déjà engagées figurent Fleury Michon, Bonduel, Daucy et Yoplait.

Ministère de la Consommation

L'information parfois disponible en ligne uniquement

Certaines les feront figurer sur leurs emballages directement, d'autres sur les petites étiquettes digitales apposées dans les rayons des supermarchés, d'autres encore sur leur site Internet ou des prospectus. 

Pour quelques-unes, ce sera plus compliqué, car la composition de leurs produits évolue selon les moments de l'année : par exemple, les tomates utilisées dans une recette de lasagnes pourront provenir d'Italie ou de France selon la période. Pour celles-ci, un système de QR Code pourra être mis en place : scanné par le consommateur, il renverra vers les informations disponibles et régulièrement mises à jour par le fabricant.

Comme pour le Nutriscore, cette démarche sera volontaire. La ministre de la Consommation espère que l'étiquette fera boule de neige : les marques vertueuses s'y engouffreront dans un premier temps et les autres suivront. Une éventuelle obligation est sur la table, mais elle supposerait la modification d'une directive européenne, donc ces discussions se dérouleront à Vingt-Sept à l'horizon 2025.

Si les associations de consommateur saluent la démarche, dont UFC-Que Choisir, elles regrettent toutefois que la restauration hors foyer, et notamment les grandes chaînes, ne soient pas concernées.


Marianne ENAULT

Tout
TF1 Info