Pass Navigo : la Région Île-de-France étudie la possibilité d'une hausse à 90 euros

Marius Bocquet avec AFP
Publié le 28 novembre 2022 à 6h25
JT Perso

Source : Quotidien, première partie

La région Ile-de-France étudie la possibilité d'une hausse du pass Navigo à 90 euros en 2023 et en appelle au gouvernement pour éviter ce scénario.
Le ministre des Transports Clément Beaune estime qu'il n'y a "aucune raison" d'augmenter ce prix et renvoie la responsabilité à la région.
Les groupes de gauche au Conseil régional d'Ile-de-France dénoncent dans un communiqué une hausse "historique, inédite et injustifiable".

La région Ile-de-France étudie la possibilité d'une hausse du pass Navigo à 90 euros et appelle le gouvernement à faire augmenter la contribution des entreprises pour éviter ce scénario, selon des documents consultés dimanche par l'AFP. Face aux difficultés financières de l'autorité régionale des transports Ile-de-France Mobilités (IDFM), sa présidente LR Valérie Pécresse avait un temps agité la menace d'un abonnement mensuel à 100 euros, contre 75,20 euros aujourd'hui, puis dit espérer 80 euros.

Une délibération tarifaire doit être soumise le 7 décembre au conseil d'IDFM. "Le blocage du gouvernement dessine la voie d'un pass Navigo à 90 euros", ce qui serait "socialement inacceptable", écrit Valérie Pécresse dans une lettre aux administrateurs de la structure, datée du 25 novembre. Elle y évoque "un contexte inédit d’envolée des coûts de fonctionnement des transports franciliens, liée à la crise énergétique".

"Ce sont des choix politiques"

Une autre piste prévoit une augmentation à 80,80 euros si le Parlement vote une hausse de la contribution des entreprises, via un amendement au projet de loi de finances (PLF), mais le gouvernement s'y oppose. "C'est intenable d'avoir un pass Navigo à 100 euros, et quelle est la justification ? Il n'y aucune raison de faire cela, d'augmenter de 30% le prix des transports d'Ile-de-France", a estimé Clément Beaune, ministre des Transports, dimanche sur Europe 1/CNews.

"Les régions sont en train de fixer les prix pour 2023, et ce sont des choix politiques. Certaines baissent le prix du train, d'autres ne l'augmentent pas (…) Aucune région n'a augmenté de 35% le prix du train", a dit le ministre, en soulignant que les tarifs et l'offre des transports du quotidien sont la responsabilité des régions, non de l'État. Mercredi, les sénateurs ont rejeté une proposition d'augmenter la contribution des entreprises, qui financent aujourd'hui la moitié des transports franciliens. 

950 millions d'euros de surcoûts en 2023

Le gouvernement y était également opposé, parce qu'"on est en train de baisser la fiscalité sur les entreprises notamment industrielles. Il faut être cohérent", a expliqué Clément Beaune. Mais "je travaille quotidiennement avec Valérie Pécresse, je sais que la situation est difficile (…) Je suis tout à fait d'accord qu'il va falloir trouver un moyen d'aider la région Ile-de-France", a ajouté le ministre.

"Des discussions sont en cours, nous verrons dans les prochains jours et prochaines semaines comment on peut aider", a-t-il indiqué, en rappelant les deux milliards d'euros d'aides précédemment versés par l'État à la région pendant la crise du Covid. Valérie Pécresse a évalué à 950 millions d'euros les surcoûts d'exploitation des transports franciliens en 2023 en raison de l'explosion prévisible des tarifs de l'électricité.

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Les groupes de gauche au Conseil régional d'Ile-de-France dénoncent dans un communiqué une hausse "historique, inédite et injustifiable au regard des solutions alternatives qui existaient et que le Gouvernement et Valérie Pécresse ont repoussé au gré d’un jeu politicien irresponsable et contraire à l’intérêt des usagères et usagers des transports", rapporte BFMTV. L'opposition de gauche appelle à un grand rassemblement des usagers devant le siège du Conseil régional le 7 décembre, selon la chaine.


Marius Bocquet avec AFP

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