"Trimestre anti-inflation" : le dispositif lancé ce mercredi dans les supermarchés, ce qu'il faut savoir

par F.Se
Publié le 6 mars 2023 à 10h42, mis à jour le 5 avril 2023 à 15h33

Source : JT 20h Semaine

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a annoncé un "trimestre anti-inflation", après des négociations avec la grande distribution.
Un dispositif lancé ce mercredi 15 mars, prévu jusqu'au 15 juin, pour faire baisser les prix sur certains produits.
Un "chèque alimentation" complètera le mécanisme.

Bruno Le Maire a annoncé, lundi 6 mars, le lancement d'un "trimestre anti-inflation", après un accord avec les distributeurs qui se sont engagés à proposer les prix "les plus bas possibles" jusqu'en juin sur une sélection de produits à leur discrétion. Ce dispositif est mis en place à partir de ce mercredi 15 mars et sera maintenu jusqu'au 15 juin. Financé grâce aux marges des distributeurs, il leur coûtera "plusieurs centaines de millions d'euros", selon le ministre de l'Économie.

Durant cette période, les enseignes de la grande distribution s'engagent à proposer "le prix le plus bas possible" sur une sélection de produits qu'elles désignent elles-mêmes. 

Logo tricolore "trimestre anti-inflation"

Les produits seront donc choisis librement par chacun des distributeurs, et pourront varier d'une région à l'autre. Ils seront identifiables dans les rayons grâce à un logo tricolore "trimestre anti-inflation". Ces opérations commerciales porteront essentiellement sur les produits de marques distributeurs, sur lesquelles les enseignes ont le plus de "latitude" pour fixer les prix, a indiqué le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard.

Plusieurs enseignes avaient annoncé récemment la mise en place de "paniers anti-inflation" sur une sélection de produits de consommation courante. Autrement dit, ce "trimestre anti-inflation" ne fera, dans certains cas, que prolonger des opérations promotionnelles déjà engagées. 

Le gouvernement a finalement abandonné l'idée d'un dispositif de ce type piloté par l'État, comme cela se pratique déjà dans certains pays européens comme la Grèce, préférant en laisser l'initiative aux acteurs de la grande distribution. Bruno Le Maire a toutefois assuré, le 13 mars sur France Info, que des "contrôles" seraient réalisés pour vérifier que la baisse indiquée par les distributeurs soit effective.

Une définition trop vague ?

Une liberté laissée aux distributeurs, qui fait tiquer certains spécialistes. "En l'absence de définition règlementaire sur ces prix, un prix prétendument 'cassé' pourrait n'être que le prix habituel", avait ainsi expliqué dès le mois dernier Olivier Andrault, chargé de mission de l'association UFC-Que choisir. Bruno Le Maire a assuré ce lundi que les services de son ministère effectueraient des contrôles en magasins, pour s'assurer que les distributeurs ne font pas peser l'opération commerciale sur leurs fournisseurs agro-industriels ou agricoles.

En outre, le dispositif est jugé trop peu contraignant au goût de certaines associations de consommateurs, qui le jugent insuffisant. 

Chèque alimentaire

Le versement d'un chèque alimentaire aux foyers les plus modestes viendra compléter le dispositif "d'ici à quelques mois". Promesse d'Emmanuel Macron, le chèque alimentaire devait initialement permettre aux foyers modestes d'acheter des produits frais et locaux. Mais face à la complexité du projet, le gouvernement avait jusqu'ici privilégié des mesures alternatives comme le "chèque inflation" ou un fonds de 60 millions d'euros à destination des acteurs de l'aide alimentaire. 

La version évoquée par Bruno Le Maire est une "expérimentation", qui "sera lancée par les ministres de l’Agriculture Marc Fesneau et le ministre des Solidarités Jean-Christophe Combe". Elle se fera "sur une base territoriale, sans doute à l'échelle du département, de façon à être au plus près des consommateurs, et au plus près des producteurs agricoles", a détaillé le ministre de l'Économie. 

Face à l'inflation alimentaire qui a atteint 14,5% sur un an en février selon l'Insee, le gouvernement cherchait depuis plusieurs mois un mécanisme de soutien au pouvoir d'achat. De nouvelles discussions sont prévues en juin, et Bruno Le Maire a d'ores et déjà invité les industriels à faire à leur tour des efforts sur les prix, quand leurs coûts diminuent.


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