Invité de LCI ce vendredi, le président du comité stratégique des centres E.Leclerc anticipe une baisse de l'inflation à l'été.
"Sur le temps long, cela reste inflationniste", prévient toutefois Michel-Édouard Leclerc, qui dénonce une "inflation fourre-tout."

Les ménages français vont-ils enfin pouvoir souffler ? Alors que l'inflation continue de grimper en France, et notamment sur les produits alimentaires, le gouvernement a lancé ces derniers jours un "trimestre anti-inflation" controversé pour lutter contre la hausse des prix. Le principe est simple : à compter du 15 mars, et jusqu'au 15 juin, la grande distribution est invitée à proposer "le prix le plus bas possible" sur une série de produits que les enseignes choisissent.

Un moyen de préserver le pouvoir d'achat des Français, qui aurait pu être évité, estime sur LCI Michel-Édouard Leclerc, le patron du comité stratégique des centres E. Leclerc. "Je reproche aux hommes politiques de ne pas s'être mis en ordre de bataille avec les chefs d'entreprise pour tout renégocier en amont", déplore-t-il (voir vidéo en tête de cet article). "Le politique a fait beaucoup en compensation de l'inflation, qui est moins forte en France qu'en Allemagne par exemple. Mais nous aurions pu gagner deux à trois points d'inflation si nous avions négocié (les prix) en amont."

"Un mélange d'inflation réelle et d'anticipation"

Lui dénonce, comme depuis le début de la crise, "des spéculations". "Nous vivons une inflation fourre-tout, avec des anticipations", en partie liées à la guerre en Ukraine, assure Michel-Édouard Leclerc. "On nous a fait le coup des pâtes augmentant de 30% parce qu'il n'y avait plus de céréales en Ukraine, mais elles étaient sur stocks français", regrette-t-il. "Il y a des narrations mensongères et des approximations."

"Nous avons un mélange d'inflation réelle avec de l'inflation d'anticipation, de crainte", poursuit-il. Une situation de laquelle la France pourrait sortir "à partir du mois de juillet, du mois d'août", anticipe le spécialiste de la grande distribution. "Nous voyons ce que nous avons acheté pour la rentrée des classes, pour les jouets de Noël... Sur le temps long, cela reste inflationniste, mais beaucoup moins."


I.N

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