L’électroménager reconditionné répond à la fois à des préoccupations économiques et écologiques.
Un tel achat présente bien entendu des risques supplémentaires par rapport au neuf.
Il faudra également déjouer quelques pièges en matière de garantie.

Dans un contexte de crise économique et environnementale, un défi pour les consommateurs est de faire cohabiter les préoccupations de "fin du mois et fin du monde", selon une expression souvent reprise. Acheter responsable est généralement plus cher. Mais cela peut aussi être un moyen de faire des économies en passant par l’électroménager reconditionné. Des produits de seconde main sont alors vendus après un contrôle technique et d’éventuelles réparations par un professionnel. Doublement séduisant, ce type d’achat demande cependant un peu de vigilance pour éviter les mauvaises surprises.

Comment choisir son électroménager reconditionné ?

Tout d’abord, le terme "reconditionné" est une appellation commerciale. Elle signifie que le produit a été vérifié, mais il n’existe pas encore de cahier des charges officiel. La rigueur de l’entretien n’est donc pas garantie. C’est pourquoi il est généralement recommandé d’acheter auprès d’un professionnel de confiance et reconnu, avec lequel il sera facile d’échanger.

De plus, tous les modèles d’appareils électroménagers ne sont pas aussi intéressants à acheter reconditionnés. Les plus anciens consomment souvent plus d’énergie, les risques de pannes sont plus importants, et les pièces plus difficiles à trouver. Il sera plus intéressant de viser des modèles de marques réputées pour leur fiabilité et leur solidité, en évitant l’entrée de gamme. L’indice de réparabilité, obligatoire sur le gros électroménager, peut également être pris en compte.

Au regard de ces informations, on pourra ensuite comparer le prix aux modèles neufs et aux occasions non-reconditionnées. À noter que l’on trouve généralement davantage d’offres en fin d’année, les promotions de Noël favorisant le remplacement de l’électroménager, ainsi que durant les "nettoyages de printemps".

Quelle garantie pour l’électroménager reconditionné ?

Face à un produit de seconde main, on peut imaginer que la garantie sera plus restrictive. Les obligations légales pour la vente par un professionnel sont pourtant assez proches de celles du neuf, avec des exceptions à bien connaître. La garantie légale de conformité est de deux ans. Elle protège contre les pannes, dysfonctionnements et le caractère limité des performances. Ce dernier point s’apprécie au regard de la publicité ou des promesses du vendeur.

La différence majeure est qu’en cas de panne d’un bien neuf au cours des deux premières années, il est présumé que le défaut était antérieur à l’achat. Cette présomption tombe à un an pour un bien reconditionné. Au-delà, la garantie pourra toujours s’appliquer, mais l’acheteur devra démontrer la préexistence du défaut, ce qui peut être complexe. La garantie de vice caché s’applique, elle aussi, pendant deux ans de la même manière que pour un objet neuf. La preuve de son existence antérieure incombe à l’acheteur, et elle nécessitera souvent l’attestation d’un professionnel.

Ces détails sont importants, car certains vendeurs présentent une garantie de deux ans comme un argument, alors qu’il s’agit d’une obligation légale. Le vendeur peut proposer une extension dans le temps ou le niveau de protection (délai de rétractation plus long, reprise à domicile…). Il faudra alors bien dissocier les services complémentaires de cette garantie commerciale des impératifs légaux. Il est également très important, lors d’un achat reconditionné, de bien inspecter le produit et de noter les défauts. Cela au moment de l’achat, de la livraison éventuelle, et même lors des premières utilisations. En cas d’achat en ligne, le droit de rétractation sous 14 jours s’applique. 


Victor LEFEBVRE pour TF1 INFO

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