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Un geste pour l’environnement : passez aux couches lavables en prêt pour votre bébé !

Geoffrey Lopes
Publié le 21 novembre 2022 à 9h00
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Laver les couches de son bébé revient à agir concrètement pour l’environnement et protéger la planète.
Pour des questions d’hygiène et de temps, les jeunes parents ont pourtant du mal à se lancer.
Kokpit les aide en leur fournissant un service de prêt de couches lavables sur mesure.

Les 3,5 milliards de couches jetables envoyées chaque année dans les décharges françaises représentent 750 000 tonnes de déchets. Pour produire une seule couche jetable, il faut 22 000 litres d’eau et 5 arbres. Or, chaque enfant en utilise environ 5 000, parfois pour quelques minutes et se retrouve au contact de dangereux perturbateurs endocriniens. Pire, les couches jetables se composent de matériaux synthétiques (pâte à bois blanchie au chlore, plastique en polyéthylène, polyacrylate de sodium, etc.) Autrement dit, on y trouve du pétrole et des produits organiques volatiles (toluène, éthylbenzène, xylène et dipentène). Elles contiennent également de nombreux produits chimiques nocifs qui se dispersent au fur et à mesure dans la nature. Dès lors, ces couches jetables mettent des centaines d’années à se décomposer et deviennent de véritables bombes environnementales. 

Autant d’éléments qui donnent le tournis. Pourtant, ces couches jetables restent privilégiées par les parents, crèches, maternités et assistantes maternelles. Pratiques, faciles à manipuler, elles ne requièrent aucun mode d’emploi et meurent dès la première utilisation. Parents et professionnels, souvent débordés, n’ont pas à s’en préoccuper. Dans un sondage réalisé sur sa page Facebook, le magazine Parents montre que 95 % des Français utilisaient encore des couches jetables en juillet 2019. Au-delà de l’empreinte environnementale catastrophique de ces couches, le porte-monnaie des parents tire tout autant la langue : les deux premiers mois, comptez en moyenne 82 € de couches par mois puis une quarantaine d’euros pour les suivants. Un budget pouvant s’étirer jusqu’aux trois ans de l’enfant.

Les réponses sous cette enquête le prouvent : parents et professionnels s’intéressent aux couches lavables sans oser se lancer. L’entreprise Kokpit, imaginée à l’automne 2020, propose de les accompagner pour les convaincre.

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Démocratiser l’usage des couches lavables

Difficile de s’y retrouver entre les marques, les consignes de change, de lavage, de séchage, de stockage, etc. Dans la métropole lilloise, Simon Delliaux s’y perd. Il cherche à atteindre le zéro déchet dans son foyer. À la naissance de son premier enfant, il se retrouve confronté au problème majeur des couches. Avec l’aide de Niclas Igmansson, il imagine alors un service de location : "Nous proposons partout en France un coffret de plusieurs couches lavables, échangées gratuitement dès qu’elles ne correspondent plus à la taille du bébé. Ces couches coûtent cher (environ 35 € pour un produit de bonne qualité). Pour démocratiser l’usage des couches lavables, nous parions sur la location qui permet aux parents et aux professionnels d’essayer, sans engagement ni caution", se félicite l’entrepreneur. Kokpit prend les prêts comme prétexte et accompagne des parents souvent désemparés à l’arrivée de leur premier enfant. Ils n’ont pas le temps ni le courage de se lancer dans le lavage de leurs couches. Simon Delliaux reconnaît beaucoup de questionnement sur la manière de laver, les fuites, l’écologie : "Nous leur donnons toutes les clés en main pour choisir les marques, les tailles et nous organisons des ateliers gratuits pour leur montrer le processus de lavage et de séchage."

Face aux couches lavables, le bilan carbone des jetables ne fait pas le poids écologique : elles consomment le double d’eau, multiplient les quantités de détritus par cinq (jamais recyclable) et déracinent cinq fois plus d’arbres. "La couche lavable dispose d’une cellulose biodégradable à jeter aux toilettes ou dans un compost si elle reçoit des selles. Le reste de la couche se réutilise : la culotte imperméable et l’insert absorbant se lavent en machine. Si votre bébé a des fuites pendant la nuit, nous disposons d’inserts ultra absorbants en fibre de bambou", décrit Simon Delliaux. Avec les préconisations du jeune papa, laver les couches devient un jeu d’enfant : "Lancez un cycle très court de votre lave-linge avec les inserts des couches. Ce prélavage permet de retirer l’urine des fibres. Ajoutez ensuite les culottes et votre linge habituel (pantalon, t-shirt, etc.) pour un cycle normal, à 30 ou 40°, sans trop d’agents blanchissant et en mode éco si possible." Le séchage ne demande pas beaucoup de temps. Les culottes en microfibre sortent presque déjà prêtes à l’utilisation du lave-linge.

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Libérer les parents du lavage des couches

Petit à petit, les familles se laissent tenter. 500 foyers utilisent déjà les couches de Kokpit et une quinzaine de structures (crèches et maternités) les suivent. L’abonnement démarre à 22,50 € par mois pour 8 changes. Simon Delliaux reconnaît toucher un public urbain ou périurbain sensible à l’environnement chamboulé par un premier enfant. "Nous avons deux profils de familles : celles qui restent jusqu’à la propreté de l’enfant en ajustant les tailles de couches et celles qui viennent tester et qui finissent par en acheter au bout de quelques semaines", raconte l’entrepreneur.

Encore en expérimentation auprès de familles pilotes dans la métropole lilloise, Kokpit propose également de laver les couches prêtées aux familles. Objectif, lever les derniers freins aux couches lavables en libérant les parents déjà très occupés de cette contrainte. "Un service externalisé de transport vient chez vous reprendre les couches sales et vous ravitailler en couches propres 2 fois par semaine. Nous lavons en interne dans le respect des normes d’hygiène et avec une optimisation écologique du lavage", assure Simon Delliaux. Le service plus complet augmente par 3 environ le prix de l’abonnement. "Nous devons financer la logistique. Nous nous adressons à un public qui a davantage de moyens", confesse l’entrepreneur.

Premier prix du public du concours Graines de Boss, finaliste du Prix Jeunes pour l’Environnement EpE/TF1-LCI en 2022, Kokpit ambitionne de faciliter la vie des parents. Surtout, la jeune pousse veut contredire les militants écologiques qui affirment que l’empreinte carbone d’un enfant coûte trop cher pour la planète. "L’écologie, c’est protéger le vivant. Ça me paraît contradictoire d’en arriver à arrêter de donner la vie. Il faut changer de modèle pour que la planète soit habitable", conclut Simon Delliaux.


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