Le 20h

Des rayons de plus en plus vides : comment les supermarchés s'adaptent-ils aux pénuries ?

par La rédaction de TF1info | Reportage Léa Deschateaux, Cécile Madronet et Pascal Schély
Publié le 25 janvier 2023 à 10h43
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Certains produits de références manquent dans les supermarchés, laissant des rayons étrangement vides.
Ce ne sont pas des pénuries à proprement parler, mais des ruptures de stocks.
Comment les grandes enseignes s'adaptent-elles ?

Depuis plusieurs mois, les trous dans les rayons ne nous ont pas échappé. Certains produits manquent en permanence dans les rayons. Et le consommateur de le remarquer : "Il manque de l'eau dans les rayons", note une femme interrogée dans le sujet en tête d'article. Et parfois même de craindre le pire. 

Plus d'un consommateur sur deux redoute de faire face à des difficultés pour se procurer certains produits alimentaires, révèle mardi une étude menée dans 15 pays par l'Observatoire Cetelem, notant une inquiétude particulièrement élevée dans le sud de l'Europe. En France, 59% des personnes interrogées craignent d'éventuelles pénuries alimentaires lors des prochains mois, après avoir fait l'expérience en 2022 de pénuries de certains produits très spécifiques, comme la moutarde ou le carburant. Et ce, dans un contexte où les inquiétudes étaient particulièrement élevées quant à la capacité des Européens à passer l'hiver sans coupures d'électricité dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Alors, comment expliquer cette situation de pénurie dans les supermarchés ? Tout d'abord, un contexte météorologique ayant tout simplement entraîné la pénurie de certains ingrédients, à l'instar des graines de moutarde

Manque de main d'oeuvre, pénuries de matières premières

Se greffent d'autres problèmes comme le manque de main-d'œuvre pour faire tourner les usines, ou encore des pénuries de matières premières. Pour donner un exemple concret, chez le fournisseur de lait à Varennes-sur-Fouzon dans l'Indre, il n'y a pas assez de carton pour faire tourner ses lignes de production : "Les fournisseurs d'emballage nous ont prévenus que les délais allaient être prolongés", assure Philippe Leseure, directeur filières LSDH pôle liquide, dans notre sujet. "Ils n'avaient pas la certitude de nous livrer l'ensemble des emballages nécessaires à nos fabrications". 

Pour maintenir la cadence des 12.000 briques de lait par heure, il a dû installer en urgence une seconde machine. Elle fonctionne avec un autre type de contenant et donc un autre fournisseur. Les briques sont identiques à quelques détails près. Dans une autre usine, les emballages épais sous vide ont été remplacés par d'autres beaucoup plus fins : "Il y a 50% de plastique en moins", constate Nicolas Chabanne, fondateur de la cooopérative de consommateurs "C'est qui le patron ?!". 

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Les industriels s'adaptent tout comme la grande distribution. Cette dernière est obligée de rechercher sans cesse de nouveaux fournisseurs pour éviter les rayons vides, comme l'explique Emily Mayer, spécialiste des produits de grande consommation - Institut IRi : "L'enjeu pour la distribution, c'est de diversifier les approvisionnements de manière à pouvoir trouver des produits qui ne sont pas ceux, habituels, qu'elle met dans les rayons, mais qui vont répondre au besoin du consommateur", assure-t-elle dans le sujet. Malgré ces efforts, les pénuries ont représenté un manque à gagner de plus de deux milliards d'euros pour les distributeurs en 2022.


La rédaction de TF1info | Reportage Léa Deschateaux, Cécile Madronet et Pascal Schély

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