La SNCF a réalisé des bénéfices exceptionnels en 2022.
Mais si la compagnie ferroviaire se porte bien, ses clients ne vont pas en bénéficier.
On vous explique.

Deux milliards et quatre cents millions d'euros : c'est le montant des profits records enregistrés l'an dernier par la SNCF. Si la compagnie ferroviaire se porte bien, ses clients vont-ils en profiter en achetant des billets moins chers ? Les voyageurs qui s'attendraient à un geste vont être déçus : les tarifs 2023 ont déjà été fixés. Loin de diminuer, au contraire, ils augmenteront en moyenne de 5% en 2023, avait annoncé l'entreprise le mois dernier. 

"La SNCF doit baisser un peu les prix, parce que, là, ce n'est pas à la portée de tout le monde", réagit un client dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. "Je n'arrive pas à comprendre cette hausse radicale alors que le chiffre d'affaires est énorme", déplore une autre voyageuse. 

Le ferroviaire a besoin de beaucoup d'argent, à la fois pour rénover le réseau et aussi pour acheter de nouveaux trains
Marie-Hélène Poingt, rédactrice en chef du magazine spécialisé La vie du Rail.

Ces 2,4 milliards d'euros, la SNCF a indiqué qu'elle allait les réinvestir intégralement dans l'amélioration du réseau, son développement ainsi que le remboursement de sa dette, qui s'élève à 24 milliards d'euros. "Ce ne sont pas des super-profits. On va plutôt parler de super-besoins. Le ferroviaire a besoin de beaucoup d'argent, à la fois pour rénover le réseau et aussi pour acheter de nouveaux trains", décrypte Marie-Hélène Poingt, rédactrice en chef du magazine spécialisé La vie du Rail.

Et les tarifs ne baisseront sans doute pas non plus en 2024. En effet, à chaque fois qu'un train circule, il verse un péage au gestionnaire des rails et l'année prochaine, celui-ci augmentera en moyenne de 8%. Ainsi, sur un Paris-Marseille, chaque trajet coûte 17.000 euros de péage. L'an prochain, le montant sera de 18.900 euros. Idem pour un TER Caen-Cherbourg, dont le coût passera de 596 à 644 euros. Ces augmentations vont-elles se répercuter sur les prix de nos billets ?

Le patron de la SNCF, Jean-Marc Faranjou, reste vague. "2024-2025, c'est beaucoup trop tôt. On ne connaît pas encore le coût de production, comment l'énergie va évoluer", explique le PDG. L'une des inconnues, et pas des moindres, concerne le prix de l'électricité. En un an, son coût a été multiplié par trois pour la compagnie ferroviaire. 


M.D. | Reportage vidéo TF1 Guillaume Bertrand, Maureen Alibert et Fabienne Moncelle.

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