Artisans en danger : les petits commerçants sont-ils voués à disparaître ?

par Sabine BOUCHOUL | Chronique : Maud DESCAMPS
Publié le 19 février 2024 à 10h43

Source : Bonjour !

Un nombre considérable d'entreprises artisanales pourrait disparaître dans les prochaines années.
Elles reposent sur le métier manuel et comptent moins de dix salariés.
Décryptage de Maud Descamps dans Bonjour ! La Matinale TF1.

Pour célébrer les artisans du BTP, Tout Faire a lancé une campagne d’ampleur baptisée "Célébrons les artisans". Ce groupe d’indépendants de négoce de matériaux a demandé à des artisans de poser devant un photographe dans le plus simple appareil, mais avec leurs outils de travail, en posture d’athlète façon Dieux du Stade. L’idée ? Promouvoir les artisans et redorer l’image des métiers de l’artisanat. De quoi parle-t-on quand on évoque une entreprise artisanale ? Il s’agit d’une entreprise basée sur un métier manuel et qui n’emploie pas plus de 10 salariés, cela peut être le plombier, le boulanger, le fleuriste, mais aussi un fabricant de savon. Les Français aiment leurs artisans, ils en ont même une vision positive pour 83% d’entre eux.

Les artisans et agriculteurs, même combat ?

On compte 1,5 million d’entreprises artisanales en France. Un chiffre qui a quasiment doublé ces dernières années puisqu’il y a dix ans, on en comptait environ 800 000. La mauvaise nouvelle, c’est qu’une entreprise sur cinq, risque de mettre la clé sous la porte dans les dix prochaines années. À bien des égards, la situation des artisans est très similaire à celle des agriculteurs. En effet, les artisans sont soumis à un paquet de normes, ils subissent une pénibilité très importante, des conditions de travail difficile, et souvent, ils travaillent seuls. Résultat : des journées à rallonge, une quasi-absence de vacances et un personnel réduit sur lequel il est très difficile de déléguer. 

L’inflation fait mal aux artisans

Les artisans subissent aussi la crise du pouvoir d’achat de plein fouet. En effet, trois petits commerçants sur quatre disent ressentir une baisse de la fréquentation, selon les chiffres de l’Observatoire des commerces indépendants. Avec l’inflation, les Français ont tendance à réduire les achats plaisirs et donc poussent moins la porte des commerces de proximité. Pour continuer à attirer la clientèle, certains rivalisent d’ingéniosité. Des poissonniers ou des maraichers proposent par exemple des abonnements mensuels pour des paniers. Autre problème majeur : la baisse de la circulation dans les centres-villes. C’est, par exemple, le cas à Toulouse qui traverse une flambée de faillite des petits commerces. Or, pour les soutenir, il n’existe pas de solutions miracles, sinon faire les courses en bas de chez soi et dans sa rue. 


Sabine BOUCHOUL | Chronique : Maud DESCAMPS

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