Le 13H

"Aucun sens" : le projet européen de sel bio fâche les petits producteurs

TF1 | Reportage Stacy Petit, Nicolas Forestier
Publié le 27 octobre 2022 à 18h51
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Un projet de label bio pour le sel, défendu par la Commission européenne, pourrait être bientôt adopté.
Les petits producteurs craignent qu'il ne fasse la part belle aux industriels.
Une équipe de TF1 s'est rendue auprès de ceux de l'Ile de Ré.

Sous la bâche, son trésor, le fruit d'une année de travail. "Voilà le sel de la récolte 2022. On voit qu'il est un peu gris car il est en contact avec l'argile. C'est un gage de qualité", précise Michèle Jean-Bart, saunière à l'Ile de Ré, en montrant son sel dans le reportage en tête d'article. 

Un produit de qualité ramassé à la sueur de leur front et au rythme des saisons. Nous avions suivi la récolte de quelques producteurs l'été dernier, et le travail n'est pas terminé. Les mois d'automne servent à effectuer les travaux nécessaires pour que le marais fonctionne bien. Autrement dit, là-bas, il est impossible de tricher. Michèle Jean-Bart n'utilise que ses mains, ses outils et la nature.

"Ce serait un discrédit de ce qu'est le label bio aujourd'hui"

Pourtant, l'Europe étudie aujourd'hui un label bio sans distinction entre son travail et les pratiques industrielles et minières. "Ça n'a aucun sens ! Recevoir le même label qu'un groupe qui extrait des millions de tonnes en quelques minutes ou quelques heures... je ne sais même pas car on est dans une autre dimension", déplore la productrice. Dans la coopérative, Loïc Picart possède le marais voisin et lui aussi est en colère : "Il n'y a pas de distinction, la conséquence, ce serait un discrédit de ce qu'est le label bio aujourd'hui"

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À une centaine de kilomètres de là, le long de la Seudre, Christophe conditionne et vend son propre sel. Il ne peut envisager son produit sur les mêmes étals que les sels industriels : "On saura que c'est du sel de mine, on saura que c'est du sel traditionnel marin. En revanche, les deux seront bio et l'un sera pas cher. S'il n'y a personne pour vous expliquer la différence, je ne vois pas pourquoi le consommateur n'irait pas se tourner vers des sels de mine."

Malgré le soutien du département et du pays, les 600 sauniers de la façade atlantique s'inquiètent de voir à terme leur savoir-faire ancestral disparaître.


TF1 | Reportage Stacy Petit, Nicolas Forestier

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