VIDÉO - Fin du ticket de caisse papier obligatoire dès le 1er août : ce qu'il faut savoir

par M.L | Reportage TF1 Valentin Dépret, Roxane Sygula et Marine Derre
Publié le 25 juillet 2023 à 21h13

Source : JT 20h Semaine

Après deux reports, la fin des tickets de caisse et des reçus de la carte bleue entre finalement en vigueur à partir du 1er août 2023, en vue d'éviter le gaspillage de papier.
Ces reçus ne seront plus systématiquement imprimés, mais les clients qui souhaitent quand même obtenir la version papier pourront toujours le demander.
L'impression restera toutefois obligatoire dans certains cas.

"Est-ce que vous voulez les tickets de caisse ?" Dans un supermarché de Massy, en Essonne, les employés ont déjà pris les devants : le ticket de caisse et le ticket de carte bleue ne sont plus systématiquement imprimés, le choix revient aux clients. La règle s'appliquera pour de bon dans une semaine dans tous les commerces, après avoir été reportée deux fois. Sont aussi concernés les tickets émis par des automates, comme ceux de péage ou de parking, ou les bons d'achat et de réduction. 

"C'est très bien, de nombreuses personnes les jetaient à la sortie", estime un acheteur dans le reportage du 20H de TF1 en tête d'article. "Les trois quarts du temps, je refuse le ticket de caisse, parce que je n'en ai pas besoin", insiste une autre. Mais d’autres clients se montrent plus sceptiques. "Je prendrai toujours le billet, c'est une garantie", explique l'un d'entre eux, tandis qu'un autre souligne que "parfois, le vigile demande si on a un ticket de caisse, c'est là que ce peut être embêtant".

Par défaut, aucun ticket n'est en effet imprimé, mais les consommateurs qui le souhaitent peuvent toutefois le réclamer. "Ce n'est pas la suppression du ticket ou l'interdiction de sa délivrance", mais "la possibilité pour le consommateur de refuser le ticket de caisse", a insisté auprès de l'AFP le cabinet de la ministre déléguée au Commerce Olivia Grégoire. Les commerçants ne sont néanmoins pas tenus de demander formellement leur choix aux clients.

SMS, mail, application... Des alternatives numériques déjà prêtes

Le seul impératif pour les commerçants est d'afficher un message indiquant qu’il est possible de demander la version papier, lors du passage en caisse. Et certains vendeurs y tiennent particulièrement. "Je leur demande s'ils veulent le ticket, mais je les préviens que s'ils souhaitent faire un échange à un moment donné, ce ticket de caisse est obligatoire", explique par exemple Thomas Bedel, responsable de "Rayon d'Or", une maroquinerie parisienne. "Quand c'est un prix considérable, je suis plus rassurée d'avoir le ticket de caisse papier", abonde l'une de ses clientes. 

Certaines enseignes proposent aussi un ticket dématérialisé, une solution possible mais pas obligatoire. La facturette est alors transmise par mail, par SMS, sur l'application bancaire de l'acheteur ou encore par la carte de fidélité. Une dernière option privilégiée par exemple par le groupe Carrefour, via son application, un choix stratégique pour obtenir les coordonnées des acheteurs. "Cela nous permet de nous souvenir qu'un client vient régulièrement dans notre enseigne, pour lui faire profiter d'avantages spécifiques", appuie son directeur de la communication clients, Stéfen Bompais. 

Toutefois, des solutions existent pour obtenir un ticket de caisse sans communiquer de coordonnées personnelles, par exemple à l'aide d'un QR Code, depuis une page Internet. La Cnil, commission garante des libertés face au numérique, a à ce propos publié en mars dernier une liste de recommandations pour le respect de la vie privée lorsqu'un ticket dématérialisé est fourni. Les magasins doivent notamment communiquer clairement sur la collecte et le traitement de données personnelles du consommateur, qui doit pouvoir y consentir ou s'y opposer. L'autorité indépendante souligne ainsi que certaines enseignes pourraient profiter de l'envoi du ticket pour faire parvenir par la suite des publicités.  

Des exceptions à la règle

Enfin, il existe des exceptions pour lesquels les tickets papier restent obligatoires : les produits sous garantie, comme de l'électroménager ou de la téléphonie, les factures de restaurants et d’hôtels, les opérations annulées et les prestations de services supérieures à 25 euros. Ce qui augure un casse-tête pour certaines enseignes, dont les salons de coiffure, comme l'un de la chaîne "Tchip coiffure" à Paris, où une coupe à 24 euros ne doit pas être facturée avec un ticket, contrairement à une coupe à 37 euros, pour laquelle le ticket doit être imprimé. 

Prévue en janvier puis en avril, la fin du ticket de caisse papier avait dû être repoussée à cause de la valse des prix dans les magasins. Bien que l'inflation reste encore "très élevée" dans le pays, elle a marqué ces dernières semaines un "reflux" qui va "se poursuivre" à l'avenir, permettant ainsi de faire enfin rentrer en application la mesure, a justifié lundi le cabinet d'Olivia Grégoire. 

L'objectif du gouvernement, lui, n'a pas changé au fil des mois : éviter le gaspillage de papier. Environ 12,5 milliards de tickets de caisse sont imprimés chaque année, ce qui représente 150.000 tonnes de papier, soit 25 millions d'arbres coupés et 18 milliards de litres d'eau consommés, selon Bercy. Sans oublier des "substances dangereuses pour la santé", qui sont présentes dans de nombreux tickets imprimés. Reste que selon la Cnil, les "tickets de caisse dématérialisés ne sont pas nécessairement les solutions les plus respectueuses de l’environnement".


M.L | Reportage TF1 Valentin Dépret, Roxane Sygula et Marine Derre

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