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Emprunt immobilier : le Crédit Mutuel épargne le questionnaire de santé à ses "clients fidèles"

FS avec AFP | Reportage : P. Ninine, N. Yldiz-Bednarick, G. Vuitton
Publié le 10 novembre 2021 à 14h17
JT Perso

Source : TF1 Info

ASSURANCE EMPRUNTEUR - Le Crédit Mutuel supprime pour ses "clients fidèles" le questionnaire de santé. Le dispositif permettra l'obtention d'un prêt immobilier à des personnes qui en étaient privées de fait, et la suppression des surprimes pour d'autres.

C'est une petite révolution dans le monde des assurances. À partir du 1er décembre prochain, les clients qui possèdent un compte depuis plus de sept ans au Crédit Mutuel, pourront s'assurer en vue d'un emprunt immobilier, sans en passer par la sélection du questionnaire de santé, ni subir ses conséquences. Une première dont la banque mutualiste espère qu'elle sera imitée.

Dans le communiqué annonçant ce changement, le Crédit Mutuel prend plusieurs exemples archétypiques. Ainsi un client supposé âgé de 50 ans, et atteint récemment d'un cancer du pancréas, pourrait accéder à la propriété, alors que le questionnaire de santé le lui interdisait auparavant. D'autres, porteurs de maladies chroniques, verraient leurs surprimes annulées : si celles-ci sont d'une vingtaine d'euros par mois, leur total peut atteindre plusieurs milliers d'euros au terme du remboursement. Pour les Français rencontrés par TF1 dans le reportage en tête de cet article, l'abandon du questionnaire de santé serait la fin d'une injustice : "On peut très bien être remis d'une tumeur", réagit une dame, "et ensuite être en très bonne santé, je trouve ça discriminatoire par rapport aux autres personnes"

L'assurance emprunteur couvre les risques contre un éventuel défaut de paiement, comme le décès ou la maladie, et le questionnaire de santé vise à limiter celui-ci pour l'assureur. Le Crédit Mutuel a toutefois conditionné sa nouvelle mesure : il faut être âgé de 62 ans au plus, disposer d'un compte dans cette banque alimenté par ses revenus principaux depuis plus de 7 ans, et demander un prêt uniquement pour sa résidence principale, n'excédant pas 500.000 euros. 

Ce n'est pas offert à des gens qui font la tournée du marché

Nicolas Théry, président du Crédit Mutuel

La fin du questionnaire de santé n'est donc pas un produit d'appel pour le Crédit Mutuel, ainsi que l'explique son président : ce changement n'est "pas offert à des gens qui font la tournée du marché", a expliqué Nicolas Théry en conférence de presse, "on s'accompagne mutuellement et durablement". Ainsi, parmi les quelques 300.000 emprunteurs qui sollicitent chaque année le Crédit Mutuel, seule la moitié est éligible à ces critères. 

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Le coût de cette mesure est chiffré à 70 millions d'euros par an, l'objectif étant selon le Crédit Mutuel que "cela devienne une nouvelle norme de marché, peu importe son assureur : on veut faire bouger le marché et les pouvoirs publics". Le président du groupe a ainsi souligné la "double peine" subie par les personnes exclues par les questionnaires, malades et souvent même guéries, puisqu'elles sont sanctionnées par leurs antécédents de santé. D'autres assureurs, comme BNP Paribas Cardif ou CNP Assurances, disent étudier des pistes pour assouplir les conditions d'accès à l'emprunt, mais n'ont pas semblé souscrire à celle proposée par le Crédit Mutuel.


FS avec AFP | Reportage : P. Ninine, N. Yldiz-Bednarick, G. Vuitton

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