Se dirige-t-on vers une pénurie de jus d'orange dans les supermarchés ?
Plusieurs facteurs inquiètent les fabricants de jus à base de concentré.
TF1 fait le point.

Le jus d’orange, incontournable du petit-déjeuner, n’échappe pas à l’inflation. En deux ans, son prix a déjà augmenté de 20%, et les consommateurs l'ont bien remarqué. "Pur jus d’orange, six fois un litre à 7,50 euros. On l’achetait beaucoup moins cher les premiers temps, mais on a une augmentation qui est quand même assez flagrante", déplore une cliente d’un supermarché dans le reportage de TF1 ci-dessus. "On subit la situation et on fait un peu des sacrifices de tous les côtés pour s’en sortir", sourit une autre. 

Et ça n’est pas près de s’arrêter. En rayons, le litre pourrait bien coûter quinze centimes de plus cet été. Pourquoi ? Car les industriels payent de plus en plus cher le concentré d'oranges, matière première utilisée dans une bonne partie des jus et nectars d'orange vendus dans les supermarchés. "L’année dernière, on payait à peu près 2300 euros à 2400 euros la tonne de concentré d’oranges. Aujourd’hui, on est arrivé plutôt à du 3500 ou 3600", explique Jérôme Vasseneix, directeur de site LSDH (Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel). Dans cette usine en Alsace, il a donc fallu s’adapter. "On retravaille un peu nos recettes. On est aussi amené à travailler de temps en temps sur l’utilisation de pur jus plutôt que de concentré", poursuit Jérôme Vasseneix. 

"Des ruptures de jus d’orange à base de concentré cet été"

Si le concentré d’oranges est plus cher, c’est parce qu’il est plus rare. Les principaux pays producteurs ont été frappés par des aléas climatiques. L’ouragan Ian a ravagé les cultures en Floride. Cette année, 0,65 million de tonnes ont été récoltées, contre deux millions l’année dernière. En Espagne et au Mexique, c’est la sécheresse qui a fait baisser la production de 30%. Seul le Brésil résiste. C’est le plus gros producteur mondial avec 12,6 millions de tonnes produites. 

Mais est-ce suffisant pour remplir nos rayons ? "Nous allons certainement être confrontés à des ruptures de jus d’orange à base de concentré sur les mois de juin, juillet et août", répond Jean-Paul Lorch, directeur des achats jus du groupe LSDH. Ces difficultés devraient perdurer jusqu’au mois d’octobre, ce qui correspond à la fin de la prochaine récolte des oranges brésiliennes. 


L.T. | Reportage TF1 : Léa Deschateaux, Philippe Vogel

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