LE WE 13h

VIDÉO - Voici ce qui se passe dans les data centers quand vous envoyez un selfie

La rédaction de TF1info | Reportage vidéo Michaël Guiheux, Romain Reverdy, Ignacio Bornacin
Publié le 4 juillet 2022 à 12h47
JT Perso

Source : JT 13h WE

Les data centers représentent une part importante de la consommation mondiale d'électricité.
Une équipe de TF1 a pu visiter l'un de ces sites de stockage aux Pays-Bas, où ils se multiplient et crispent les locaux.
Pour illustrer combien ils sont énergivores, elle a retracé le parcours d'un selfie.

Il faut franchir de nombreux points de contrôle pour pouvoir les visiter, comme le constate une équipe de TF1 dans le reportage en tête de cet article. Les data centers ressemblent à de mystérieux entrepôts anonymes, mais ultra sécurisés. Derrière leurs portes sont stockées nos conversations personnelles, les vidéos que nous regardons en ligne, toutes nos publications sur les réseaux sociaux, ou encore le contenu de nos emails.

Si plusieurs portes nous ont été ouvertes, certaines resteront closes. "Seuls nos clients en possèdent les codes et peuvent y accéder directement", explique le vice-président du "Iron mountain data center". "Ici il y a peut-être des numéros de cartes bleues ou de coordonnées bancaires", détaille Eric Boonstra devant une porte métallique, "évidemment on ne veut pas que tout le monde sache où ils sont, ni comment y avoir accès"

Entre 1 et 3% de la consommation d'électricité mondiale

Petit pays par la taille, les Pays-Bas sont un géant mondial des data centers. Ils sont déjà 280 sur le territoire, et leur nombre ne cesse d'augmenter. En cause, notre consommation de données, qui augmente exponentiellement. À ce jour, ces centres consomment entre 1% et 3% de l'électricité mondiale. Un chiffre qui pourrait grimper jusqu'à 10% en 2030.

En se demandant pourquoi on avait besoin d'autant de data centers, l'équipe de TF1 s'est amusée à retracer l'itinéraire d'un simple selfie, comme il s'en échange plusieurs milliards chaque année dans le monde. Prise aux Pays-Bas pour être vue à Paris, la photo part d'abord vers une antenne-relais à proximité, qui l'envoie sous terre, où un réseau de fibres optiques se chargera de l'acheminer. 

Elle est d'abord stockée dans un premier data center, puis envoyée vers le téléphone destinataire. Mais le selfie réalisé aux Pays-Bas sera aussi envoyé vers plusieurs autres data centers, dont chacun gardera une copie. Ainsi, si l'un d'entre eux venait à tomber en panne, la photo ne disparaîtrait pas.  

Capture TF1

Ainsi, notre consommation de données, parfois due à un usage futile, a des répercussions très concrètes. Par la consommation d'énergie, mais aussi par l'implantation de sites de stockage de plus en plus nombreux. Dans le nord des Pays-Bas, un nouveau projet de data center géant cristallise les tensions. Il devrait consommer autant qu'une ville de 40.000 habitants, soit deux fois plus que la commune dans laquelle il doit être construit. 

"On devrait utiliser moins de données", estime un militant local opposé au projet. "On n'a pas besoin de tout conserver sur Internet", argumente Arthur Beek, "quand on voit toutes les photos qu'on garde sur nos réseaux sociaux, je me demande si c'est vraiment nécessaire". Le projet est pour le moment en suspens. Le gouvernement néerlandais vient d'interdire jusqu'à la fin de l'année la construction de tout nouveau data center géant, le temps de voter une nouvelle loi pour réguler le secteur.


La rédaction de TF1info | Reportage vidéo Michaël Guiheux, Romain Reverdy, Ignacio Bornacin

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