VIDÉO - "On ne paiera plus" : un maire se rebelle contre la hausse du prix de l'électricité

par La rédaction de TF1info | Reportage Ignacio BORNACIN, Philippe VÉRON et Séverine FORTIN
Publié le 30 août 2022 à 16h45, mis à jour le 30 août 2022 à 18h23

Source : JT 13h Semaine

Le maire de Montataire, dans l’Oise, menace de ne pas payer sa prochaine facture d’électricité.
Il demande des solutions à l'État et invite les autres collectivités à le rejoindre dans ce combat.
Une décision drastique qui inquiète les habitants.

Cette année, l'électricité a coûté 600.000 euros à la commune de Montataire (Oise), et la facture ne risque pas de s'alléger. En fin de semaine dernière, le prix de gros de l'électricité en France a dépassé 1000 euros le mégawattheure (MWh) pour 2023, contre 85 euros il y a un an. Ces cinq dernières années, il se négociait en moyenne à 49 euros, selon le Réseau de transport d'électricité (RTE). La facture de Montataire pourrait donc considérablement augmenter.

Le maire, Jean-Pierre Bosino (PCF), s'attend à devoir payer jusqu’à quatre fois plus cher. Pour lui, c'est beaucoup trop. "On va mettre en cause les services municipaux. Trouver 1.900.000 euros de plus pour une commune comme la nôtre de 13.000 habitants, ce n'est pas possible. Donc, on ne paiera plus", déclare-t-il dans le reportage TF1 ci-dessus. Dans un communiqué, le maire se questionne sur les restrictions nécessaires pour trouver une telle somme. "Quel service je ferme ? J'arrête la restauration scolaire, je ferme la mairie trois jours par semaine ? On n'a pas de trésor de guerre, on doit voter un budget à l'équilibre."

Le maire de Montataire demande à l'État de trouver des solutions. Le fonds vert doté d'1,5 milliard d'euros destiné aux collectivités, "c'est du flan", juge-t-il. Selon lui, les municipalités ne doivent plus être obligées d'acheter leur électricité au prix du marché qui explose. Elles devraient être soumises au tarif réglementé, comme tous les citoyens. Ce tarif réglementé de vente (TRV) est revu deux fois par an par les autorités sur suggestion de la Commission de régulation de l'énergie.

Jean-Pierre Bosino réclame également la sortie de l’électricité et du gaz de la Bourse. Il espère que d'autres communes suivront son exemple. En attendant que ses réclamations soient prises en compte, Jean-Pierre Bosino campe sur ses positions. 

Une décision qui divise les habitants

De leur côté, ses administrés s'interrogent. "S'il arrête de payer, qu'est-ce qui va se passer pour nous ? Je pense qu'il y aura des conséquences", s'inquiète une habitante. Le danger qui vient à l’esprit de tous est la potentielle coupure d'électricité en ville. Mais qu'importe, certains sont prêts à prendre le risque. "Personnellement, si je n'arrive pas à payer chez moi et bien, je ne paierai pas non plus." S'il y a coupure, qu'à cela ne tienne, "il y aura des bougies, on trouvera des solutions", plaisante l'un d'eux.

La sécurité de la ville est également remise en question. "Que ce soit tard le soir ou tôt le matin, on a besoin de lumière, car je suis une femme et il y a des fous partout dans la ville, partout dans le pays et on a besoin d'avoir une sécurité quand même." La plupart des habitants rencontrés espère d'abord que la mairie cherchera des solutions avant d'arrêter tout bonnement de payer son électricité. Certains lui proposent même déjà des alternatives. "Peut-être en coupant les lumières le soir à partir de 23h, ou une lumière sur deux. La piscine, je pense qu'elle peut être fermée toute la période de l'hiver par exemple. Toutes les communes n'en ont pas une et ça fera une économie importante, car plus besoin de la chauffer."


La rédaction de TF1info | Reportage Ignacio BORNACIN, Philippe VÉRON et Séverine FORTIN

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