Le plein deux fois moins cher : ruée sur les boîtiers de conversion au bioéthanol

M.L | Reportage TF1 Eléonore Payro et Grégory Martin
Publié le 14 mars 2022 à 12h07

Source : JT 20h Semaine

Il est possible de faire le plein de sa voiture pour moins de 30 euros.
Il suffit pour cela d'installer un boîtier pour convertir son véhicule au bioéthanol.
Mais garages et fournisseurs croulent sous les demandes.

Un petit boîtier pour un plein deux fois moins cher : depuis plusieurs semaines, Sébastien Guichard, garagiste à Talant, en Côte-d'Or, convertit de plus en plus de moteurs au bioéthanol. "J'équipe des véhicules tous les jours", indique-t-il dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. Il faut dire qu'à moins d'un euro le litre en moyenne, contre 1,90 environ, voire même deux euros par endroits pour le gazole et le sans plomb, ce panaché d'éthanol issu de matières agricoles et d'essence séduit de nombreux automobilistes. 

En 2021, 30.000 kits ont été installés en France sur l’année, soit deux fois plus qu’en 2020, selon la Collective du bioéthanol qui rassemble des professionnels de la filière. Mais avec l'accélération de la flambée des prix à la pompe depuis le début de la guerre en Ukraine, de plus en plus de conducteurs veulent sauter le pas en équipant leur véhicule. Seule condition : posséder un véhicule à essence, et non gazole. 

"Énormément de commandes, donc énormément de délai"

C'est une étape incontournable pour pouvoir faire un plein avec ce carburant : utiliser un mélange d'essence et de bioéthanol pour un véhicule qui n'est pas équipé est illégal et risque d'endommager le moteur. La transformation coûte en moyenne 1000 euros, une mise amortie en un à deux ans, même si le véhicule va consommer davantage de carburant, selon les spécialistes du secteur. "C'est rentable", confirme un conducteur, qui paiera désormais son plein à 35 euros. "Je fais quand même dans les 20.000 kilomètres par an, et vu le prix de l'essence, il faut faire quelque chose si l'on veut continuer à circuler." Le boîtier est par ailleurs garanti cinq ans et ne nécessite aucune maintenance particulière.

Mais avant de pouvoir faire des économies, ce client a dû patienter pour obtenir un rendez-vous. "On avait un ou deux appels par jour. Aujourd'hui, on en a au moins une vingtaine, c'est énorme ! Je n'arrive pas à suivre", insiste Élodie Guichard, secrétaire du garage. D'autant que peu de modèles de voitures sont proposés à l'achat directement conditionnés au bioéthanol. 

Mais difficile de suivre le rythme, car les fournisseurs sont en rupture de stock. "À cause de la crise des composants électroniques, certains systèmes ne sont pas disponibles. Et comme il y a énormément de commandes, il y a énormément de délai", explique Sébastien Guichard. Les pénuries de semi-conducteurs, ainsi que de nombreuses matières premières, sont fréquentes depuis l'an dernier, à cause de l'augmentation brutale de la demande, sur fond de reprise économique après plusieurs mois de restrictions sanitaires. Le conflit en Ukraine, déclenché le 24 février, accélère l'augmentation des prix, entraîne la suspension de commandes et rajoute des difficultés logistiques. 

Au niveau de l'approvisionnement en revanche, la situation progresse : 2700 stations services servent désormais l’éthanol à la pompe, soit 30% des structures, un chiffre en hausse de 18% sur un an. Mais s'ils ne trouvent pas ce carburant sur leur route, les automobilistes qui ont équipé leurs voitures de ce boîtier de conversion peuvent aussi faire le plein avec du sans plomb.


M.L | Reportage TF1 Eléonore Payro et Grégory Martin

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