Supermarchés : face à la flambée des prix, un "trimestre anti-inflation"

par RLV | Reportage Eléonore Payro, David de Araujo et Sébastien Maloiseaux
Publié le 7 mars 2023 à 11h15

Source : JT 20h Semaine

Pour tenter d'éteindre l'incendie de l'inflation sur les produits alimentaires à la veille de la mobilisation sur les retraites, le gouvernement a annoncé un "trimestre anti-inflation".
Un chèque alimentaire devrait aussi voir le jour en 2023.

Pour tenter d'éteindre l'incendie de l'inflation sur les produits alimentaires à la veille de la mobilisation sur les retraites, le gouvernement a annoncé un "trimestre anti-inflation" ainsi qu'un chèque alimentaire qui devrait voir le jour en 2023. Une opération commerciale qui, loin d'imposer aux grandes surfaces un panier anti-inflation piloté par le gouvernement, vise à offrir, dixit le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, "le prix le plus bas possible" sur une sélection de "centaines" de produits. 

Leur choix sera opéré par les distributeurs, l'opération devant se dérouler du 15 mars au 15 juin. Il en coûtera "plusieurs centaines de millions d'euros" à la grande distribution, selon le ministre qui a scellé l'accord lundi à Bercy en présence des principaux représentants du secteur (Carrefour, Intermarché, Système U, Casino, Aldi...), à l'exception notable du leader en termes de parts de marché, E.Leclerc.

"Au prix le plus bas possible"

L'enjeu politique est majeur pour le gouvernement qui planche depuis des mois avec le secteur pour tenter de maîtriser la flambée des prix alimentaires, évaluée à 14,5% en un an en février par l'Insee. Initialement, le projet promu par la ministre déléguée notamment au Commerce, Olivia Grégoire portait sur un "panier anti-inflation" qui aurait permis aux consommateurs de comparer les prix entre enseignes, mais la grande distribution, à l'exception de Système U, avait freiné des quatre fers. 

Comment savoir qu'il s'agit réellement d'un bas prix ?
Alain Bazot, UFC-Que-Choisir

Désormais, le gouvernement indique seulement que les distributeurs s'engagent à facturer un assortiment de produits laissés à leur discrétion au "prix le plus bas possible" pour les consommateurs. Ces produits seront identifiés par un logo tricolore "trimestre anti-inflation". Selon les distributeurs, ces opérations commerciales porteront principalement sur les produits de marques propres, c'est-à-dire ceux qui, comme Reflets de France, Marque Repère, Marque U, sont propriétés des enseignes et n'entrent pas dans le cadre des négociations annuelles avec les industriels.   

Mais pour Alain Bazot, président de l’UFC-Que choisir, interrogé dans le sujet en tête de cet article, le dispositif n’est pas assez réglementé. "Chaque grand distributeur aura la main sur les prix qu'il va soi-disant mettre à bas prix. Comment savoir qu'il s'agit réellement d'un bas prix ?" 

En échange de cet accord, les distributeurs ont obtenu de Bercy qu'à l'issue de ce "trimestre anti-inflation", les négociations commerciales avec les fournisseurs de l'agro-industrie, qui se sont achevées le 1er mars, soient relancées. "Nous rouvrirons les négociations commerciales avec les grands industriels de façon à ce que la baisse des prix de gros que nous observons sur les marchés" puisse "se traduire" aussi en rayons, a expliqué le ministre de l'Économie.


RLV | Reportage Eléonore Payro, David de Araujo et Sébastien Maloiseaux

Tout
TF1 Info