Certaines marques n'utilisent que des influenceurs et leurs millions de vues pour promouvoir leurs produits.
Le 20H de TF1 se penche sur le phénomène, alors que le gouvernement souhaite encadrer ces pratiques.

Il y a certaines marques que seuls les plus jeunes semblent connaître. Comment expliquer cette différence entre les générations ? "On les voit surtout passer sur YouTube, les vidéos des youtubeurs assez connus", explique une jeune femme. Voilà donc la raison. Ces marques utilisent uniquement les réseaux sociaux pour promouvoir leurs produits. On appelle ça le marketing d'influence, et il inonde Internet. 

Cryptomonnaie, alcool, trading... Moi, ce sont des sujets avec lesquels je ne suis pas à l'aise. Je refuse toujours quand ce sont des trucs comme ça
Léonard, influenceur

Parmi les marques les plus présentes sur les réseaux, Air up, la seule qui ait accepté de nous recevoir. La jeune entreprise allemande propose des gourdes. Grâce à des capsules odorantes, elles vous font croire que l'eau que vous buvez est aromatisée, et ce n'est pas la seule innovation du produit. Air up a décidé d'ignorer complètement la publicité traditionnelle. Ni panneaux d'affichage, ni spots télévisés, elle n'est présente que sur les réseaux. "De par ce lien d'admiration, d'engagement entre la communauté et l'influenceur, finalement, on s'assure qu'il y a plus de confiance dans le produit", affirme Margod de Montfort, business developper chez Air up. 

Chaque mois, ils rémunèrent entre 50 et 150 youtubeurs pour présenter leurs produits. Combien coûtent ces partenariats ? La société a refusé de nous le dire. Seuls certains youtubeurs peu connus nous ont confié avoir touché 4000 euros pour une courte présentation. Léonard a, lui aussi, travaillé avec la marque de gourdes. Suivi par un million de personnes, il poste régulièrement des vidéos de voyage, récemment, une vidéo tournée au pôle Nord, sponsorisée par une marque de matelas. Seule information sur sa rémunération, cela se compte en milliers d'euros. "Il y a tout le voyage à financer, il y a une part de la prod, il y a une part du montage. Au final, la vidéo en elle-même a un vrai coût qui est important et le sponsor sur un tournage comme ça nous permet de financer la vidéo", explique-t-il. 

"C'est une façon de faire de la publicité cachée"

Pas question pour autant d'accepter tous les sponsors. Nous avons fait écouter son témoignage à une spécialiste du marketing d'influence. "Cryptomonnaie, alcool, trading... Moi, ce sont des sujets avec lesquels je ne suis pas à l'aise. Je refuse toujours quand ce sont des trucs comme ça", explique Léonard. "Des marques qui ne peuvent plus communiquer sur les médias classiques vont passer par des influenceurs. C'est une façon de faire de la publicité cachée", affirme Nathalie Fleck, professeure spécialiste du marketing d'influence. 

Le gouvernement souhaite aujourd'hui encadrer ces pratiques : interdiction de promouvoir certains produits, sanctions en cas de non-respect des règles... Une nécessité vu l'ampleur du phénomène. Il faut "que les influenceurs soient soumis aux mêmes règles auxquelles vous êtes soumis à la radio, à la télévision, dans les médias traditionnels", a répondu le ministre Bruno Le Maire à une question d'une journaliste de France Info.

Par exemple, "lorsque vous avez un placement de produit d'alcool, ou d'autres placements de produits, il faut que les mentions légales apparaissent sur les sites des influenceurs, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", a illustré Bruno Le Maire. Après une concertation sur la régulation des influenceurs, à laquelle avaient participé près de 19.000 personnes en janvier sur le site make.org, une "réunion conclusive" est prévue lundi 20 mars à Bercy avant une conférence de presse sur le sujet, a appris l'AFP auprès du ministère.

En France, on compte plus de 150.000 créateurs de contenus. 


L.T. | Reportage TF1 : Léa Kebdani, Marie Pannetrat, Marc Kouho

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