Inflation : les prix s'envolent

Pouvoir d'achat : sport, immobilier... Le low cost s'invite partout

La rédaction de TF1info | Reportage C. Diwo, J. Coulais, M. Merle
Publié le 17 octobre 2022 à 12h25
JT Perso

Source : JT 20h WE

Au départ réservé aux compagnies aériennes, le low cost s'est invité dans tous les secteurs de l'économie.
On en trouve désormais dans les salles de sport, les agences immobilières, ou encore chez les opticiens.
Mais derrière ces achats à bas prix, c'est aussi la société qui évolue.

Face à des prix toujours plus bas et des offres trop alléchantes, pendant longtemps, les Français ont boudé le low cost. "Pour moi, c'est assimilé à du bas de gamme, de la mauvaise qualité", répond une femme au 20H de TF1, dans le reportage en tête de cet article. Un homme, lui, y voit de "faux bons plans", avec des "tarifications supplémentaires pour un tas de choses"

Mais ça, c'était avant. Aujourd'hui, dans tous les secteurs, de nouveaux venus cassent les prix : salles de sport, jardinage, bricolage... Même le monde de la santé n'y échappe pas. Dans une enseigne d'opticiens où nos journalistes se sont rendus, une paire de lunettes vous coutera en moyenne 60 euros. "Chez un autre opticien, je paye beaucoup plus cher", compare une cliente. Un autre explique que les lunettes "tiennent toujours très bien et sont beaucoup moins chères que le reste du marché"

Près de 400 clients passent chaque jour les portes du magasin, dont l'offre attire l'œil, d'autant plus en période de très forte inflation. "Tout le monde regarde à son portefeuille, tout simplement", souligne un passant. 

Le low cost diffuse avec lui de mauvaises conditions de travail

Cyrine Gardes, chercheuse et sociologue

Tout est bon pour réaliser des économies. Qu'importe si le magasin ressemble plus à un entrepôt, tant qu'à la fin il y a une bonne affaire. En l'occurrence, chez un spécialiste de l'électroménager où TF1 s'est rendu, les prix sont 20 à 30% moins élevés que chez la concurrence. "On est dans l'optimisation des mètres carrés du magasin, puisqu'on vient stocker en hauteur. La plupart de notre stock est en hauteur, ce qui nous évite de payer des mètres carrés au sol", résume Antoine Lecocq, directeur régional Île-de-France de Electro Dépôt.

Comparé à un magasin traditionnel, il y a également moins d'employés, et ils sont moins qualifiés. C'est d'ailleurs là toute la limite du low cost, dont la première victime est le marché de l'emploi, selon Cyrine Gardes, chercheuse et sociologue au Centre de sociologie des organisations, Sciences Po. "On va fonctionner avec du personnel polyvalent, qui prend tout en charge, de la caisse à la mise en rayon en passant par le nettoyage de la surface. Le principal problème, c'est que le low cost se diffusant dans tous les secteurs d'activité, diffuse avec lui ces mauvaises conditions de travail", analyse-t-elle.

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Le low cost bouleverse donc l'organisation de certains métiers jusque-là épargnés. Ainsi, Bruno Fort est agent immobilier, mais à la différence de ses confrères, il touche la même commission quel que soit le prix du bien vendu, soit 5600 euros. Et il l'avoue, au quotidien, il est soumis à beaucoup plus de pression. "On est obligés de rentrer un maximum de mandats et donc de traiter du volume", précise-t-il.

Au risque de suivre l'exemple de certaines compagnies aériennes, premier secteur à avoir pris le pas du low cost, et où désormais, à bord d'un avion, les employés ressemblent plus à des vendeurs qu'à des stewards ou des hôtesses de l'air.


La rédaction de TF1info | Reportage C. Diwo, J. Coulais, M. Merle

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