Les bars à ongles n'étaient que quelques centaines il y a 10 ans, ils sont 9000 aujourd'hui.
Mais derrière ce développement se cache des disparités d'un salon à l'autre.
Avec des prestations qui peuvent être très inégales, comme le montre ce reportage de TF1.

Manucure classique, à paillettes ou plus artistique... Faire ses ongles est aujourd'hui le moyen de se démarquer, surtout sur les réseaux sociaux. Un terrain de jeu idéal pour les influenceuses qui partagent leurs réalisations les plus originales. Et cette tendance se constate dans les bars à ongles où les rendez-vous s'accumulent. "Je trouve ça joli. Les mains, c'est important, c'est la première chose qu'on voit", avance une cliente lilloise dans le reportage de TF1 en tête de cet article. De son côté, une jeune fille admet qu'elle se ronge les ongles, alors la manucure, ça lui permet d'arrêter.  

Pour les habituées, impossible de se lancer seule, trop périlleux. "Je le faisais moi-même et au bout de trois jours, ça s'écaille. Du coup, j'ai testé le semi-permanent qui reste au moins trois semaines. C'est révolutionnaire", lâche une mère de famille. "Vous imaginez travailler la main droite de la même façon que la main gauche, c'est pour ainsi dire impossible", assure une autre. 

Des prestations accessibles

La manucure séduit même les hommes. "La première chose qu'on voit, c'est les mains. Ça dit quelque chose de la personnalité. Ça reflète aussi des choses donc c'est important", avoue l'un d'eux. Les prestations s'enchainent, il y a peu de temps morts. "Il y en a qui viennent pour la prestation d'une demi-heure. Aujourd'hui, la clientèle est de plus en plus pressée. On est aussi dans une activité où les gens travaillent, donc n'ont pas beaucoup de temps et ils aiment bien faire leur prestation pendant l'heure du midi ou le soir après le travail", explique Maria Monaco, gérante d'un salon à Lille. Cela fait quinze ans que son bar à ongles existe. 

Depuis, le paysage a bien changé. Les boutiques se sont multipliées. Pour autant, il n'existe aucun recensement officiel, mais d'après les professionnels de la beauté, il y a aujourd'hui 9000 ongleries partout en France, contre seulement quelques centaines il y a dix ans. Alors pourquoi un tel développement ? D'abord parce que les prestations sont devenues accessibles. Quelques dizaines d'euros pour 1h de travail, l'opération reste rentable. 

Le problème en France, c'est qu'on peut se fournir à l'étranger sur des sites et on ne sait pas si ça respecte les normes européennes.
Salima Maniche, prothésiste ongulaire dans le Nord

Pour Salima Maniche, prothésiste ongulaire dans le Nord, "ça demande quand même un bon investissement, mais c'est assez vite rentabilisé. Quand après, on a une clientèle, on peut relativement bien gagner sa vie", affirme la jeune femme qui s'est lancée il y a un peu plus d'un an. Ici, les produits ont été choisis avec précaution, ce qui n'est pas le cas de toutes les professionnelles. "J'ai déjà eu à réparer des catastrophes. Je suppose que c'était parce qu'on n'avait pas utilisé des produits qui étaient adaptés selon moi. Mais le problème en France, c'est qu'on peut aussi se fournir à l'étranger sur des sites et on ne sait pas si ça respecte les normes européennes", déplore-t-elle.

Ce qu'elle dénonce, ce sont les vernis souvent achetés sur Internet. Dans la liste des ingrédients, on retrouve de la benzophenone, des methacrylate ou encore du dioxyde de titane. Des noms complexes pour des substances cancérigènes ou des perturbateurs endocriniens. Le risque est de développer des allergies. Virginie Guérin, esthéticienne dans l'Essonne, en a été victime. Depuis, elle a lancé sa propre gamme de vernis avec moins d'allergisants et moins cher que certaines grandes marques. "Il y a certaines substances qu'on peut réduire et d'autres qu'on peut supprimer", assure-t-elle.

Le métier est en pleine expansion et les formations sont encore peu encadrées par l'État. Trois jours seulement pour certains diplômes, au détriment parfois des règles de sécurité et de santé. Virginie Guérin propose ses ateliers à des professionnels qui ont besoin d'apprendre les bons gestes. L'enjeu est crucial, car les ongles n'en ont pas fini d'être décorés.


Virginie FAUROUX | Reportage TF1 : Johan Maviert et Caroline Blanquart

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